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Mars 2022

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22/04/2022

Catastrophes naturelles

Remanier le régime des Cat Nat en France : une évidence à l’heure du réchauffement climatique
Source : Banque Stratégie (01/03)

Depuis quelques décennies, la fréquence et l’intensité des catastrophes naturelles s’accélèrent en raison du réchauffement climatique. En 2020, leur coût s’est chiffré à 202 milliards de dollars dans le monde, en hausse de 35% par rapport à 2019. La France est le deuxième pays le plus touché en Europe, derrière l’Allemagne. Une refonte du régime d’assurance apparaît dès lors comme une évidence. Depuis 1982, la France possède le régime Cat Nat, qui repose à la fois sur la solidarité nationale et sur la responsabilité des assurés. Un système qui n’est cependant pas toujours sans difficultés pour les assurés. De nombreux leviers pourraient être actionnés pour l’améliorer, à commencer par la prévention et le développement d’une culture du risque naturel. Nous disposons aujourd’hui de technologies capables de cerner plus précisément les vulnérabilités et de mettre plus systématiquement en place des dispositifs de prévention. Il convient aussi de renforcer la culture de responsabilité. Le système actuel est dé-responsabilisant. Les assureurs devraient pouvoir moduler le niveau des primes en fonction des efforts de prévention des assurés par rapport au respect de l’environnement. L’assuré possédant un véhicule peu polluant pourrait par exemple se voir accorder une remise. Le 13 octobre est par ailleurs la journée internationale de la prévention des catastrophes naturelles. La journée pourrait aussi servir à sensibiliser en milieu scolaire, afin d’adopter les bons comportements le plus tôt possible. Enfin, de nouvelles alternatives d’assurances pourraient être trouvées pour disperser le risque ou augmenter les capacités, à travers notamment la titrisation. Si, pour l’instant, une titrisation du risque Cat Nat ne paraît pas indispensable en France, il n’est pas impossible que le changement climatique puisse mettre en péril la pérennité économique du dispositif. C’est ce que souligne la FFA et CCR à propos du risque « sécheresse » d’ici à 2050. 

Pourquoi le tsunami du dérèglement climatique guette le secteur assurantiel
Source : L’Argus de l’Assurance.com (21/03)

Raphaël Xixons, directeur général d’Elex, groupe Adenes, publie une tribune dans laquelle il invite les pouvoirs publics et l’écosystème assurantiel à réfléchir à la meilleure façon de gérer les catastrophes naturelles, dont la fréquence et l’ampleur sont sans précédent depuis plusieurs siècles. La France dispose depuis 40 ans d’un régime innovant pour indemniser les victimes. C’est le régime Cat Nat, qui repose sur un partenariat public-privé entre les assureurs pour la gestion des sinistres et l’État via CCR (Caisse Centrale de Réassurance) pour la mutualisation des risques et la solvabilité du système. Ce dispositif a fait la preuve de son efficacité au fil des années, mais la multiplication des événements climatiques a conduit à une réforme en décembre dernier. Le délai d’indemnisation des victimes sera notamment raccourci. Certaines questions restent toutefois en suspens, comme celle du maintien ou non de la prise en charge de la sécheresse, celle du financement du dispositif dans son ensemble, ou encore celle de l’inégalité des situations face aux risques. L’ensemble de l’écosystème doit donc se préparer à ces nouvelles réalités en agissant à la fois sur la prévention des risques par les autorités publiques et sur leur application par les municipalités, sur le recrutement et la formation du côté des sociétés d’expertise, mais également pour une meilleure prise en charge des victimes. C’est ainsi que nous continuerons de faire de la France un pays de référence en matière de gestion des catastrophes naturelles. 

Stress tests : des outils à améliorer
Source : Option Finance (21/03)

Le risque climatique remet en cause l’équilibre financier et le business model des investisseurs institutionnels, qu’il s’agisse des assureurs, des fonds de pension ou des banques. Les banques y sont exposées dans des financements à long terme dans le cadre par exemple du crédit immobilier. Pour évaluer précisément les enjeux, les autorités de régulation en Europe préconisent la mise en œuvre de « stress tests climatiques ». Les méthodologies connaissent encore des limites, notamment dans le choix des variantes utilisées et dans l’évaluation de leur interaction, mais les acteurs avancent malgré tout. Ils n’ont d’ailleurs pas le choix, la réglementation les contraint à prendre en compte le réchauffement climatique, et plus récemment la biodiversité, dans leur stratégie d’investissement. Parfois les investisseurs prennent eux-mêmes les devants en formant des coalitions internationales qui les accompagnent dans leur processus de sélection, afin d’éliminer les acteurs les plus polluants. Certains investisseurs réalisent leurs analyses en interne, tandis que d’autres se tournent vers des outils externes. Allianz France par exemple a déjà réalisé plusieurs stress tests climatiques sur l’actif, sur le passif ainsi que l’exercice global sur l’actif et le passif, en coordination avec l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Pour ce dernier exercice, l’entreprise a utilisé les outils de CCR (Caisse centrale de réassurance) afin d’évaluer ses expositions. Menés également au niveau mondial, ces exercices climatiques permettent à l’assureur d’identifier les actions à mener pour lutter contre le changement climatique et d’engager un dialogue avec les pouvoirs publics afin d’assurer la continuité de services dans les zones les plus exposées.