Sécheresse 2018 en France


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Sécheresse 2018

22/01/2019

Résumé : 

La France a connu au cours de l´année 2018 un nouveau phénomène intense de retrait et gonflement des argiles. À la différence de la sécheresse de 2017, celle de 2018 ne débute qu´à l’été et résulte de très faibles précipitations et d´épisodes de fortes chaleurs. Le déficit de précipitations a été important, allant jusqu´à 70% par rapport à la normale (moyenne calculée sur la période 1981-2010) au cours du mois de septembre. L´intensité du phénomène s´est traduite par l´apparition de fissures sur les bâtiments dans plusieurs régions mais plus spécifiquement depuis le Massif Central jusqu´au Nord-Est et sur le sud-est de l´Île-de-France.

Secheresse 2018

 

Description : 

Après une année 2017 particulièrement sèche, 2018 débute par d´abondantes précipitations. Le mois de janvier se classe ainsi comme le plus pluvieux depuis 1959. En conséquence, des inondations ont affecté les bassins de la Seine, du Doubs et de la Saône au cours du premier mois de l´année. Les précipitations restent excédentaires pendant le premier semestre avec cependant des déficits observés très localement dans la basse vallée du Rhône lors du premier trimestre. Les sols ont commencé à s’assécher avec les premières fortes chaleurs au cours du mois de mai dans l´Aisne (02), la Marne (51) et les Pays-de-la-Loire (44).

Les déficits pluviométriques importants des mois suivants exacerbent cette situation. En effet, en juin, juillet et août les précipitations sont déficitaires d'environ 20% par rapport aux précipitations normales (moyennes de la période 1981 – 2010). En corollaire de cette sécheresse météorologique, les arrêtés de restrictions d´eau se multiplient à partir de la seconde moitié du mois de juillet. Au 1er août, 43 départements sont alors concernés dont neuf qui se trouvent en alerte renforcée ce qui se traduit par une baisse des prélèvements pour les activités agricoles et des restrictions sur les usages domestiques (jardin et lavage de voiture). Par ailleurs, dix départements sont considérés comme en crise se traduisant par une interdiction des prélèvements pour les usages domestiques dans de nombreuses communes.

Au 1er septembre, l´assèchement des sols concerne la quasi-totalité du pays. La situation est plus prononcée dans le Cotentin, l´Aisne et le Massif-Central où localement les sols sont 20 à 50% plus secs que la normale. En revanche, les départements de la Loire-Atlantique (44), du Gard (30), des Bouches-du-Rhône (13) et du Var (83) sont proches de la normale. Le mois de septembre est particulièrement sec et le déficit de précipitations atteint 70% de la normale faisant de ce mois le troisième plus sec depuis 1959 après 1977 et 1985. En conséquence, au 1er octobre, les sols sont jusqu´à 50% plus secs que la normale sur la quasi-totalité du territoire. Cet écart dépasse même 75% en Bourgogne-Franche-Comté, en Moselle (57) et sur le Massif Central. À cette même date, 66 départements sont concernés par des arrêtés de restriction d’eau dont 50% pour une situation de crise. Au mois de novembre, les précipitations restent déficitaires de 20 à 60% du Sud-Ouest au Nord-Est. En revanche, les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Languedoc connaissent d'importants cumuls représentant localement deux fois les précipitations mensuelles normales. Selon l´office international de l´eau, 17 départements restent concernés par des restrictions d´eau au 12 décembre.

À ce jour, les travaux de la Commission interministérielle Catastrophes Naturelles relatifs à la modernisation des critères Cat Nat annoncée par le Gouvernement n´ont pas totalement abouti et une incertitude demeure sur les critères qui seront appliqués. Par conséquent, l´estimation du coût de la sécheresse 2018 comporte une part supplémentaire d´incertitude.