Synthèse de presse_ADAY_Octobre 2021 - Catnat

Octobre 2021

Actuality Image CCR

12/04/2022

Catastrophes naturelles

La facture des assureurs risque de doubler d’ici 2050
Sources : Le Figaro.fr (31/10) ; La Tribune (30/10) ; La Correspondance Économique (29/10) ; Capital (28/10) ; Paris-normandie.fr (28/10) ; 20Minutes.fr (28/10) ; Courrier-picard.fr (28/10) ; Sudouest.fr (28/10) ; Notretemps.com (28/10) ; Mediapart.fr (28/10) ; AFP (28/10)

Selon une étude de la Fédération française des assurances (FFA), le montant des sinistres liés aux catastrophes naturelles en France pourrait doubler dans les 30 prochaines années, passant de 74 milliards d’euros sur la période 1989-2019 à 143 milliards sur la période 2020-2050. Cette hausse proviendrait d’abord de l’augmentation de la richesse (comme l’augmentation du prix des biens à assurer ou l’extension des zones bâties), puis de la plus grande fréquence des événements extrêmes liés au réchauffement climatique. Le montant de la sinistralité liée à la sécheresse notamment devrait tripler pour atteindre 43 milliards d’euros entre 2020 et 2050. Ces projections sont fondées sur un scénario pessimiste d’un réchauffement global de 4 degrés d’ici à la fin du siècle, bien au-dessus de l’objectif de 1,5 degré de l’Accord de Paris de 2015. Selon CCR (Caisse centrale de réassurance), qui a dévoilé ses propres estimations mais sur une base différente, la fréquence des sécheresses extrêmes, comme celle de 2003, pourrait doubler en 2050. « Le nord de la France va être de plus en plus touché et va rejoindre le sud », explique David Moncoulon, directeur recherche et développement de CCR. La multiplication des catastrophes rendra sans doute nécessaire une réforme du régime d’assurance dit « cat’ nat’ », un système subventionné en partie par l’État, via CCR. Plutôt qu’une remise à plat complète, les assureurs préfèrent pour l’heure actionner d’autres leviers pour renforcer le régime, comme une meilleure acculturation au risque (zones inondables par exemple), la prévention ou le renforcement de la résilience des bâtiments. 

Pourquoi le changement climatique va faire grimper la facture des assurances
Source : Europe1.fr (31/10) 

Appelées à se multiplier dans les prochaines décennies, les catastrophes naturelles pourraient faire grimper la facture des assurances. C’est en tout cas la conclusion de deux rapports similaires, l’un de CCR (Caisse centrale de réassurance) sur l’impact du climat sur les assurances et l’autre de la Fédération des assureurs (FFA), qui montrent que le coût des dommages augmentera de 50 % d’ici à 2050 en passant de 1 milliard à 1,5 milliard d’euros. Ce sont les sécheresses qui inquiètent le plus les assureurs. Les projections de CCR le confirment. « L’assurabilité de la sécheresse peut se poser parce qu’on pense qu’on aura de plus en plus de cycles de sécheresse dans le futur », explique David Moncoulon, co-auteur de l’étude de la CCR. Ces sécheresses toucheront durement le monde agricole et les pertes pour les producteurs de céréales pourraient augmenter de 75 % d’ici 2050, si aucune mesure de prévention n’est mise en place.

« La sinistralité pourrait augmenter de 50 % d’ici 2050 »
Sources : La Gazette des Communes (21/10) ; La Gazette des Communes.com (27/10) 

Le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles (cat’ nat’) pourrait être mis en tension par le changement climatique, prévient dans un entretien Antoine Quantin, directeur des réassurances et des fonds publics chez CCR. Le régime actuel repose sur un partenariat public-privé. Le secteur de l’assurance délivre la garantie et gère les sinistres, tandis que l’État garantit la solvabilité du système par l’intermédiaire de CCR. Les sinistrés ont ainsi la certitude d’être indemnisés et leurs assureurs de ne pas faire faillite. Le régime est financé par une surprime de 12 % sur les habitations et les entreprises, et de 6 % pour les véhicules. Le système risque toutefois de peiner face à la hausse de la sinistralité attendue d’ici à 2050. « Il faut renforcer la prévention pour réduire la sinistralité, et en particulier sur les événements fréquents. Mais pour faire face aux catastrophes extrêmes, si elles se multiplient, il faudra augmenter le taux de surprime », explique Antoine Quantin.  

Catastrophes naturelles : vers un régime spécifique pour la sécheresse ?
Sources : Argusdelassurance.com (19/10 ; 20/10 ; 22/10) 

Bien qu’elle fasse consensus, tant du côté des professionnels de l’assurance que des pouvoirs publics, la réforme du régime public/privé pour indemniser les catastrophes naturelles (cat’ nat’) se fait attendre. La proposition de loi du député Modem Stéphane Baudu, qui vise à moderniser le système, a certes le mérite d’exister, mais elle ne répond pas à la problématique de l’équilibre financier du régime, lequel est fragilisé par la recrudescence d’événements climatiques d’ampleur nouvelle. Surtout, elle n’aborde pas la question de la sécheresse et se contente de renvoyer à des travaux ultérieurs pour redéfinir la prise en charge de ce péril dont la sinistralité flambe depuis quatre années. Il faut aller plus loin, estime la députée LREM Valéria Faure-Muntian, qui ajoute qu’il « faut trancher définitivement sur la prise en charge de la sécheresse qui, de l’aveu de CCR (Caisse centrale de réassurance, ne pourra plus être supportée par le régime cat’ nat’. » Le directeur général de CCR, Bertrand Labilloy, a en effet tiré la sonnette d’alarme sur le poids croissant de la sécheresse dans la charge des sinistres. « Lorsque la sécheresse a été incluse dans le régime cat’ nat’, elle contribuait à une hausse d’un point seulement sur la surprime cat’ nat’. Aujourd’hui, elle représente près de la moitié de la sinistralité », a-t-il déclaré. Bercy, qui cherche des solutions, privilégierait une sortie de la sécheresse du régime cat’ nat’. Jean-Luc de Boissieu, président de Smacl Assurances, appelle de son côté à augmenter les primes ou la surprime. Pour rappel, la surprime destinée à financer le régime cat’ nat’ représente 12 % de la prime des contrats d’assurance dommages, et 6 % des primes vol et incendie pour les contrats assurant les véhicules terrestres à moteur. Le président de Smacl Assurances invite par ailleurs le secteur à s’interroger sur les conditions de réassurance de CCR. « Aujourd’hui, elles ne sont pas neutres dans l’exercice de la concurrence. Les catastrophes naturelles impactent fortement le bilan des petites et moyennes sociétés d’assurance et le niveau de couverture de CCR pousse au regroupement et à la disparition des petits assureurs », a-t-il déclaré. En 2020, la sécheresse a coûté 1 à 1,2 milliard d’euros, selon CCR.

La course folle de la facture des catastrophes naturelles d’ici à 2050
Source : Challenges.fr (05/10) 

L’actualité française est de plus en plus souvent marquée par les catastrophes naturelles, dont les plus coûteuses ne sont cependant pas toujours les plus visibles. Il s’agit de la sécheresse dite « géotechnique », celle qui déforme les sols et entraîne la détérioration des bâtiments. « On a des épisodes de tempêtes, de crues qui sont très spectaculaires, mais finalement l’événement le plus coûteux, il ne se voit pas ou très peu car c’est la sécheresse. La récurrence des épisodes de sécheresse fait que sur les dernières années, c’est la catastrophe naturelle la plus coûteuse en dommages », explique Vincent Gros, secrétaire général de CCR (Caisse centrale de réassurance). CCR, qui réalise des modélisations des catastrophes naturelles sur les prochaines décennies, estime que leur coût en France augmentera de 50 % d’ici à 2050, si le scénario 8.5 du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) se réalise. Jugé réaliste, ce scénario prévoit une augmentation de température de 2°C d’ici à 2050. La hausse des coûts s’explique par la sévérité renforcée des évènements, mais aussi par une extension des territoires concernés. « Ces trois dernières années, on voit des régions du nord-est de la France touchées par les sécheresses alors qu’elles ne l’étaient pas avant », précise David Moncoulon, directeur recherche et développement de CCR. Les médicanes, c’est-à-dire les cyclones subtropicaux méditerranéens, font peser une menace supplémentaire. S’ils deviennent trop fréquents et trop destructeurs, « alors il faudrait réfléchir à leur intégration dans la liste des périls couverts par la Garantie cat’ nat’, et cela alourdira la facture », alerte David Moncoulon. Les modélisations de CCR et sa cartographie des risques permettent toutefois de mettre en place des mesures de prévention qui ont pour effet de faire baisser le coût moyen des sinistres.

Ce qui menace vraiment la France
Source : Sciences et Avenir (21/10)

Derrière son image de pays où il fait bon vivre, la France connaît son lot de catastrophes naturelles. Dans son bilan des quarante dernières années, CCR (Caisse centrale de réassurance), l’organisme public qui garantit la couverture financière des assureurs, n’a pas répertorié une seule année sans catastrophe naturelle en France et dans les départements d’outre-mer. Et la situation ne va pas s’arranger. CCR a établi une cartographie des risques. Pour les inondations, « la recension met en évidence la vallée de la Garonne, le pourtour méditerranéen, l’axe rhodanien, tandis que le littoral atlantique a été frappé par des submersions marines à la suite notamment de la tempête Xynthia en 2010 », commente Antoine Quantin, directeur des réassurances et des fonds publics à CCR. Les crues ont eu pour effet de multiplier les programmes de prévention, comme la création de digues ou de fossés. Une approche efficace selon CCR, qui observe une baisse de 51 % du nombre de sinistres dans les communes engagées dans de tels programmes. Pour les sécheresses, « la carte des sinistres suit, cette fois, les territoires de France où le gonflement et la rétractation de l’argile provoquent des désordres dans les structures des bâtiments », détaille Antoine Quantin. 650 000 maisons individuelles en France ont déjà connu des désordres importants pouvant aller jusqu’à la destruction du bâtiment. En collaboration avec Météo France, CCR s’est par ailleurs livrée à une évaluation de l’impact du changement climatique sur les dommages assurés en 2050. Selon cette évaluation, il faut s’attendre à une hausse de 23 % des coûts résultant des sécheresses, de 38 % pour les inondations, et de 82 % pour les submersions marines dans l’hypothèse où les émissions mondiales de gaz à effet de serre suivent leur croissance actuelle.