Inondations du Sud de la France en novembre 2011

Mise à jour le 21/05/2018


Image événement

Sous l’influence d’une dépression venant se caler entre les Baléares et le sud du Var, un épisode pluvieux de grande ampleur concerne l’ensemble des régions du sud de la France entre le 2 et le 6 novembre 2011, se prolongeant par un sursaut des pluies et des vents tempétueux sur le Var et les Alpes-Maritimes jusqu’au 9 novembre au matin. Cette longue période d’intempéries débute de façon assez habituelle par un épisode cévenol (se dit des pluies remontant de Méditerranée et se bloquant sur les départements des Cévennes), puis s’étend violemment vers la région PACA-Corse où les orages s’avèrent d’une rare violence, s’accompagnant d’une tempête d’est sur la Côte d’Azur et l’île de Beauté. Pilotée par la dépression, la perturbation pluvieuse forme une spirale qui s’enroule dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et se rabat ensuite vers l’ouest, c´est-à-dire vers les Pyrénées où les pluies restent bloquées durablement par la barrière montagneuse, notamment en Pays Basque et en Béarn. Au total, tous les bassins versants descendants vers la Méditerranée puis ceux s’écoulant vers l’Atlantique sont concernés par des crues débordantes, dont les plus importantes concernent les départements cévenols, le Var, les Alpes-Maritimes et la Haute-Corse - il est à noter que dans cette configuration, les précipitations furent nettement moins marquées sur l’Aude et les Pyrénées-Orientales, où, malgré des hausses des cours d’eau, les crues sont restées plus modestes. A noter la remontée de la dépression méditerranéenne vers le sud du Var en fin d’épisode, générant une nouvelle tempête d’une rare violence sur la Côte d’Azur, du lundi 7 novembre au soir au mercredi 9 au matin : elle s’accompagne de pluies torrentielles et d’un puissant « coup de mer », avec des vagues de plus de 6 mètres qui occasionnent de gros dégâts aux infrastructures littorales. Ce nouveau coup de boutoir des éléments, bien qu’anticipé par les services météorologiques, surprend par sa violence et occasionne une nouvelle montée des eaux aussi importante que lors du week-end, notamment pour le fleuve Argens qui a fait craindre le pire.

Cette dépression, baptisée Rolf, présente en outre des caractéristiques assez inhabituelles que l´on pourrait comparer à des phénomènes extra-tropicaux qui se forment généralement aux basses latitudes, et qui ont pour appellation "Medicanes" (terme anglo-saxon inventé par Businger et Reed en 1989, pour mediterranean + hurricane). Ces dépressions à cœur chaud présentent une structure proche des cyclones tropicaux, avec un enroulement de nuages autour d´un oeil parfaitement visible sur les images satellitaires. Ces phénomènes n´atteignent pas la force d´un ouragan, mais provoquent de violentes intempéries à l´image de ce que l´on vient de connaître. Durant ces 30 dernières années, l´on en a dénombré une vingtaine en Méditerranée, dont la tempête "Antinoo" en 2007 en mer Tyrrhénienne qui avait occasionné de très gros dégâts sur la région de Naples, avec des orages de grêle et des rafales de vent à 130 km/h. Contrairement aux cyclones tropicaux, ces " Médicanes " peuvent se former sur des eaux moins chaudes (autour de 20°C) après une irruption d´air plus froid en haute atmosphère. Le contraste thermique entre la surface et la haute altitude renforce l´activité de la dépression, laquelle est alors capable de s´auto-régénérer pendant plusieurs jours et d´affecter durablement une étendue géographique importante- typiquement, c´est ce qui vient de se produire.

240 M€
Dommages assurés hors automobile

Date de début
24/10/2011
Date de fin
10/11/2011

Cours d'eau ayant débordé
L’ Hérault (34), le Lez (30), les Gardons (30), le Vidourle (30 et 34), le Tarn amont, le Tarnon et son affluent la Durbie (12, 48), la Loire amont (42), l’Allier amont (63), le Rhône Aval (13), la Durance (04, 84), le Cavalon-Coulon (84), l’Argens, la Nartuby (83), le Var , le Loup, la Siagne(06), le Reyran, l’Issole, le Caramy (83), le Tech (66), l’Ariège, l’Arget (09), l’Adour (32, 40, 64), les Gaves de Pau et d’Oloron, la Nive et la Nivelle (64) 


Pluviométrie maximale
55 mm en 1h
346 mm en 24 h


Départements concernés
Alpes-de-Haute-Provence (04), Alpes-Maritimes (06), Ardèche (07), Ariège (09), Aveyron (12), Bouches-du-Rhône (13) ...

 

LE CONTEXTE METEOROLOGIQUE :

Le pourtour méditerranéen est traditionnellement le siège d’épisodes pluvieux intenses entre la fin de l’été et le début de l’hiver : qualifiées de « mousson méditerranéenne » par les géographes, ces pluies sont liées à l’arrivée d’air plus froid en haute altitude qui, en passant au-dessus des eaux chaudes de la mer, entraîne un puissant mécanisme de « pompage » d’énergie (chaleur et humidité), formant alors une dépression entre le Golfe du Lion et les Baléares. Suivant le mouvement rotatif des masses d’air autour de la dépression dans le sens inverse des aiguilles d’une montre dans notre hémisphère, il en résulte une remontée des pluies vers le nord, c´est-à-dire vers le Languedoc-Roussillon et la région PACA-Corse. Le phénomène est amplifié par la présence des reliefs à l’aplomb du littoral, formant un véritable blocage aux masses nuageuses, forçant l’air saturé d’humidité à s’élever et à se déverser en pluies torrentielles, pendant plusieurs jours. En outre, le phénomène s’accompagne souvent d’orages (liés à la différence de température entre la mer et la haute atmosphère) et d’un coup de vent d’est, amplifié par les reliefs des arrière-pays qui canalisent l’air et renforcent la puissance des rafales de vent.

Généralement, ces épisodes « cévenols », typiques de l’automne, durent entre 2 et 3 jours, et ne réunissent pas obligatoirement tous les éléments aggravants. Mais ce phénomène majeur qui vient de se produire du 2 au 9 novembre 2011 est remarquable par les trois caractéristiques suivantes : une ampleur géographique exceptionnelle, une durée inhabituelle et une intensité pluviométrique record. D’un point de vue géographique, les intempéries ont concerné tout le sud de la France, mais aussi l’Italie qui a connu des inondations majeures (crue éclair en pleine ville de Gênes avec 350 mm de pluie en quelques heures, et violents orages ayant inondé la ville de Naples).
De tels épisodes méditerranéens ne sont pas rares, mais la France a connu depuis quelques années une certaine atténuation de ces intempéries d’automne, qui étaient plus fréquents dans les années 2000 / 2003. Cependant, le 31 octobre et 1er novembre 2008, un épisode cévenol intense avait déversé 516 mm en 48 h à Villefort (48) et 442 mm à Loubaresse (07) - en septembre 2005, un épisode notable avait donné 505 mm d’eau à Nîmes (30). Mais la situation actuelle ressemble davantage aux gros épisodes des années 2002 et 2003, où l’on avait relevé 691 mm à Cardet (30) et 620 mm à Lézignan-Corbières (11) au moment des inondations majeures de l’Aude en novembre 1999.
Bien sûr, ces inondations prennent un caractère plus marquant dans le Var, après les crues meurtrières de Draguignan du 15 juin 2010 et de la vallée de l’Argens : mais, à ce moment-là, la configuration météorologique n’était pas la même : il s’agissait d’orages d’une extrême intensité, concentrés sur un bassin versant, et ne pouvant s’apparenter à un « épisode cévenol », même si les conséquences locales furent beaucoup plus lourdes.

La chronologie de l’événement présent peut se résumer en trois vagues pluvio-orageuses successives et de plus en plus intenses : en fait, dès le 1er novembre, avant le creusement de la dépression en Méditerranée, un premier front apportait déjà de gros orages en basse vallée du Rhône, et notamment dans le secteur de Montpellier : il était tombé de 50 à 150 mm d’eau sur l’Hérault et le Gard, et localement 280 mm sur les communes de Montarnaud, Pignan, Mireval et la Grande-Motte, entrainant de nombreuses inondations.

L’épisode cévenol en lui-même débute le 2 novembre avec l’orientation du vent au sud-est, apportant des pluies régulières et parfois orageuses sur les Cévennes (hauteurs du Gard, de la Lozère et de l’Aveyron notamment) - cette première journée apporte jusqu’à 100 mm d’eau, ce qui reste modeste pour la région. Une ligne d’orage concerne également les Pyrénées-Orientales, moins touchées par les intempéries au final.

C’est surtout dans la soirée et la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 novembre que les intempéries gagnent en intensité : au vu de la réaction des cours d’eau descendant des Cévennes, Météo-France active une Vigilance rouge pour l’Hérault, l’Aveyron et la Lozère - alors qu’il pleut toujours sur les Cévennes, des lignes d’orages remontent de la mer vers le Languedoc-Roussillon et les Bouches-du-Rhône : ces orages sont violents, la nuit est striée d’éclairs et le vent du sud souffle en tempête, avec des rafales dépassant les 100 à 110 km/h (Montpellier, Nîmes...) et atteignant 180 km/h au sommet du mont Aigoual (30), à 1500 mètres d’altitude - dans la nuit, une tornade occasionne de gros dégâts sur les communes d’Anduze et de Générargues (30), arrachant des toitures, décapitant des arbres et privant d’électricité des milliers d’habitants.
Les cumuls pluviométriques atteignent déjà 200 à 300 mm d’eau, et jusqu’à 400 mm sur les crêtes cévenoles.

Au cours de la journée du vendredi 4 novembre, des lignes d’orages remontent la basse vallée du Rhône jusqu’aux confins du lyonnais - le maximum d’intensité s’observe entre la Camargue, la Drôme et l’Ardèche, et il tombe souvent plus de 100 mm dans des villes telles qu’Arles, Privas ou encore Montélimar. Des inondations se produisent alors en milieu urbain (ruissellement), la montée des eaux piégeant des automobilistes au milieu de routes submergées.

En fin d’après-midi et en soirée, les orages gagnent en intensité sur les mêmes zones et tendent à remonter à nouveau vers les Cévennes, l’Hérault, le Gard, puis les hauteurs de la Lozère, de la Haute-Loire et de l’Aveyron : une deuxième nuit consécutive s’annonce très difficile pour ces départements. Dans le même temps, les vents soufflent en tempête sur le littoral, du Languedoc jusqu’à la Côte d’Azur, avec des rafales bien souvent comprises entre 100 et 130 km/h, formant une mer très forte avec des creux de 4 à 6 mètres, ce qui constitue un facteur aggravant supplémentaire en freinant l’évacuation des eaux fluviales à la mer (c’est notamment le cas pour le fleuve Hérault à son embouchure à Agde, provoquant la submersion de toute la plaine littorale).

La journée du samedi 5 novembre est marquée par la poursuite des orages sur la basse vallée du Rhône et surtout par leur extension prévue vers la région PACA et la Corse - cette fois, la tempête se généralise vers l’extrême sud-est de la France, et l’on attend un puissant coup de mer pour la soirée et la nuit du samedi au dimanche. Les pluies battantes et le vent violent gênent considérablement la circulation et de nombreux axes sont alors coupés, soit par des éboulements, des coulées de boue, des chutes d’arbres, soit par des vagues de 3 à 4 mètres qui passent par-dessus les digues et inondent les routes littorales (secteurs d’Antibes, Nice, Bastia...). Les orages sont violents, avec plus de 70 000 impacts de foudre pendant le week-end sur le sud-est, notamment en Corse, où de nombreuses lignes électriques sont foudroyées.

Le 5 au soir, il tombe par exemple plus de 90 mm à Fréjus en 3 heures - la ville de Bastia enregistre 115 mm d’eau, ce qui inonde le tunnel du centre-ville - les cours d’eau sont en crue et certains dépassent leurs côtes de référence, notamment pour l’Argens. Environ 600 personnes sont évacuées à titre préventif dans les Alpes-Maritimes.

C’est également à partir de la nuit du vendredi 4 au samedi 5 novembre que la perturbation, par effet de retour d’est, se rabat à nouveau vers l’ouest et se dirige vers le bassin versant de l’Adour - Garonne - les pluies vont alors se bloquer pendant 48 heures dans le sud-ouest de la France, principalement au pied des Pyrénées, du Pays Basque à l’Ariège - néanmoins, cet épisode est moins violent que celui qui se prolonge du coté méditerranéen : les pluies ne sont pas orageuses, les intensités horaires sont moins brutales, mais il pleut sans interruption entre le 4 au soir et le 6 au matin, avec d’abondantes chutes de neige en montagne pyrénéenne dès 1900 m d’altitude.

Le dimanche 6 marque l’atténuation progressive des pluies dans le sud-ouest, qui cessent totalement le soir. Du côté de la Méditerranée, après une nouvelle nuit d’orages et de tempête, avec des rafales de vent ayant atteint 158 km/h au Cap du Dramont (83), les précipitations prennent un caractère plus discontinu mais les averses orageuses se prolongent malgré tout. Le vent faiblit rapidement, mais la mer reste houleuse. Néanmoins, l’atténuation des intempéries permet à la sécurité civile de parer à l’essentiel (colmatage de brèches dans les digues, déblaiement des routes et mise en sécurité des personnes isolées dans les zones inondées, et rétablissement de l’électricité pour quelques 8000 foyers qui en étaient privés en Corse et dans le Var). 

Malgré l’accalmie du dimanche soir, il fallait se rendre à l’évidence dès le lundi 7 novembre: le système dépressionnaire remontait lentement vers le nord, c´est-à-dire vers le Var - sa zone d’influence menaçait alors de s’étendre à toute la Côte d’Azur, voire la Corse (qui restait cependant un peu à l’écart de cette nouvelle vague d’intempéries).
En cours d’après-midi du 7, les vents d’est se levaient une fois de plus avec la lente approche de la dépression Rolf, et des rafales à 130 km/h étaient déjà mesurées sur les îles d’Hyères (83) - les échos radar montraient la remontée d’une vaste spirale pluvio-orageuse, et l’on se préparait alors à une nouvelle nuit difficile sur la Côte d’Azur. Dans la nuit du lundi au mardi, la zone pluvieuse abordait tout le sud-est de la France, remontant jusque sur les Savoies avec beaucoup de neige au-dessus de 2000 mètres.
Le mardi, la perturbation s’estompe temporairement mais les vents d’est se maintiennent à près de 100 km/h et l’on a déjà relevé de nouveaux cumuls pluviométriques de 30 à 50 mm, avec par exemple 54 mm à Collobrières (83), 67 mm à l’Ile du Levant (83) et 79 mm à Cogolin (83) - ces pluies entrainent une nouvelle crue des cours d’eau, ce qui justifie la mise en vigilance Orange du Var et des Alpes-Maritimes pour le paramètre « crues », notamment de l’Argens.

Ce mauvais temps se poursuit tout au long de la journée, avec près de 100 mm de pluie à Bormes-les-Mimosas et 84 mm à Vidauban (Var) - mais en soirée, la situation s’aggrave avec la remontée au plus près des côtes varoises de la dépression Rolf : les vents atteignent 100 km/h à Nice et Antibes, et frôlent les 150 km/h sur l’île de Porquerolles - une Vigilance aux fortes vagues - submersion est mise en place, outre les vigilances aux crues.

Les vents tempétueux touchent l’ouest de la Corse puis s’accélèrent sur la Côte d’Azur : soufflant sur une grande surface marine, ces vents lèvent une grosse houle qui déferle alors brutalement sur la bande littorale faisant face à l’est et s’étendant surtout d’Antibes à Monaco. 
De fait, le spectacle qui s’offre aux badauds est colossal en fin de journée : des murs d’eau de plusieurs mètres (probablement de 2 à 6 mètres) déferlent sur les fronts de mer, passent par-dessus les digues, submergent les marinas, coulent des bateaux à l’amarrage, dévastent des restaurants et magasins le long des plages, balayent des voitures sur la route littorale et interrompent la circulation de la route côtière de Nice à Antibes, provoquant d’énormes embouteillages.
Cette submersion marine entraine des inondations littorales et freinent l’écoulement des eaux fluviales à la mer - dans le golfe de Saint-Tropez et à Fréjus, le courant s’inverse et les eaux marines remontent les cours d’eau en crue, qui s’étalent alors sur la plaine littorale.

Dans la nuit, ces pluies prennent un caractère orageux marqué et se décalent à nouveau vers les Bouches-du-Rhône, selon le mouvement rotatif de la dépression. Les rafales de vent atteignent leur maximum d’intensité avec 154 km/h à Porquerolles et 100 km/h à Toulon et Antibes. 
Mercredi 9 novembre au matin, l’enroulement dépressionnaire est encore bien visible sur l’image satellitaire, en mer au sud du Var - mais la pression en son centre commence à remonter, signe que la dépression va se combler - cependant, les vents d’est soufflent encore en rafles avec 113 km/h à La Ciotat (13) et entre 80 et 100 km/h ailleurs, en perte de vitesse. La zone pluvieuse s’est décalée jusqu’au delta du Rhône et au Languedoc, en perdant de son intensité - dans les Bouches-du-Rhône, il tombera tout de même jusqu’à 37 mm de pluie à Marseille, ce qui reste modéré.

En début d’après-midi, les intempéries se calment, tandis que des impacts de foudre sont localisés uniquement en mer, entre la Corse et le continent. En soirée, la mer remue encore d’une houle résiduelle, mais les vagues ne déferlent presque plus : l’heure est au déblaiement de tonnes de gravats qui recouvrent les routes littorales de presque 2 mètres de débris.


LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

Cet épisode de grande ampleur a entrainé des crues notables de l’ensemble des bassins versants descendant des Cévennes, des Pyrénées, des Alpes du sud et de la montagne Corse, ce qui est remarquable. Plusieurs facteurs aggravants se sont produits en même temps : durée exceptionnelle de l’épisode, intensité renforcée par le caractère orageux des précipitations, vents d’est à sud-est tempétueux générant des vagues de 4 à 6 mètres et entraînant un phénomène de surcote au littoral et empêchant le bon écoulement des eaux fluviales à la mer.

Dans la chronologie de la montée des eaux, nous retiendrons que les crues ont débuté logiquement sur les cours d’eau descendant des Cévennes dès le début de l’épisode - celui-ci, intervenant sur des sols encore très secs (puisqu’il s’agit seulement du deuxième épisode pluvieux de cet automne resté très sec jusqu’à présent), engendre alors des pics de crue brutaux dès le jeudi 3 novembre au soir qui justifient le passage en vigilance rouge de la part de météo-France et de Vigicrue, notamment pour le fleuve Hérault, puis pour les têtes de bassin du haut Tarn et de ses affluents (notamment la Durbie). Les niveaux de l’Hérault et du Tarn montent de 2 à 5 mètres en moyenne (localement 7 mètres pour l’Hérault) - cette vigilance rouge sera levée le vendredi dans le courant de la matinée après l´observation d´une décrue en amont. Avec l’extension des pluies jusque sur le sud de l’Auvergne samedi, la Loire amont et l’Allier amont réagissent aussi, justifiant temporairement la mise en vigilance orange.

Plusieurs crues de référence sont battues comme à Montagnac (34) où l´Hérault a dépassé la crue du 5 novembre 1994 et égalé celle de novembre 1982, avec une hauteur de 5.49 m.

Du côté de la région PACA, les réactions sont brutales mais ne justifient pas de vigilance rouge - cependant, tous les cours d’eau sont en crue, y compris la Durance qui suscitait une certaine inquiétude le samedi soir en raison notamment de fortes chutes de neige qui tombaient en amont sur les Alpes et qui auraient pu accroître les débits en fondant rapidement. Le Rhône en aval d’Avignon connait une crue importante le 5 et le 6, avec une montée de près de 5 mètres - à Avignon, le Rhône restait à un mètre au-dessous de la crue de référence de 2002. Quant à l’Argens, tristement connue après la crue meurtrière survenue l’année précédente, elle dépasse ses cotes de référence de 2008 et de décembre 2010 mais reste bien en-deçà de la crue du 15 juin 2010 à Roquebrune (Vigicrue).

Parallèlement, dans le sud-ouest, les cours d’eau descendant des Pyrénées sont en crue le samedi 5 et le dimanche 6 novembre en raison du blocage des précipitations, en particulier en Pays Basque mais aussi en Béarn : les fortes pluies concernant aussi le sud des Landes et du Gers. Ainsi, le Gave de Pau a dépassé sa côte de décembre 1996 (Vigicrue), tandis qu’à Peyrehorade (Gaves réunis), le niveau d’eau atteignait un peu plus de 4m50, soit au-dessus de la référence de 2004 et à 50 cm de la crue de 1992. L’Adour entamait une hausse plus progressive et poursuivait encore sa montée à Dax jusqu’au 8 novembre, tout en restant bien loin des crues de référence. Les autres cours d’eau descendant de l’Ariège et des Pyrénées-Orientales ont connu un bref pic de crue le 7, mais d’un moindre niveau malgré des conséquences parfois dramatiques (deux personnes emportées par les eaux).


Le dernier acte de cet épisode méditerranéen majeur a lieu une nouvelle fois au sud-est où pourtant, après 24 heures d’accalmie sur le front des pluies, entre dimanche soir et lundi soir, la décrue s’était relativement bien amorcée sur les principaux cours d’eau, à tel point que les habitants et la Sécurité Civile avaient bien avancé leurs travaux de déblaiement et de nettoyage de première nécessité. Cependant, au vu d’un nouveau risque de précipitations, la Vigilance orange « Vigicrue » était maintenue pour le département du Var, et en particulier pour le fleuve Argens.
Le deuxième pic de crue de l’Argens qui suivit les nouvelles précipitations liées à la remontée de la dépression Rolf eu lieu le mercredi 9 : à Roquebrune sur Argens, on atteignit les 5,89 m, contre 6.64 m le samedi 6 novembre - ces deux cotes dépassent les références des crues de 2008 et de décembre 2010, mais restent bien en-deçà de la crue dévastatrice du 15 juin 2010 (cote 7.70 m). Toute la plaine de l’Argens, entre Roquebrune et Fréjus, est recouverte par les eaux issues du fleuve ainsi que de la mer qui reflue - le même phénomène est observé à Saint-Tropez au débouché de la Môle et de la Giscle. Notons qu’à Fréjus, la digue du Reyran, encadrant ce cours d’eau descendant du lac de saint Cassien (83), présentait mardi après-midi des signes de fragilisation (fissures, blocs de béton se détachant), conduisant à l’évacuation préventive de 350 personnes.

Le Gapeau, à Hyères, connait une crue supérieure à celle de la semaine précédente, avec un pic à 2.66 m, soit au-dessus de la crue de référence du 16 décembre 2008 (à 2.25 m). Toute la vallée de Sauvebonne-Hyères est inondée. En revanche, la Nartuby réagit peu car les pluies restent assez faibles en tête de bassin versant.
Dans les Alpes-Maritimes, la réaction du fleuve Var est très faible car les pluies ne tombent pas en abondance sur l’arrière-pays - en revanche, les dégâts sont très importants au niveau de la zone littorale en raison du reflux de la mer, inondant des zones industrielles et commerciales.
Le petit fleuve côtier l’Huveaune (13), qui descend du massif de la Sainte-Baume à Marseille, principalement en milieu péri-urbain, restait sous vigilance jaune, en raison d’une nouvelle onde de crue similaire à celle de la semaine précédente, tout en restant au-dessous de la crue de référence du 24 décembre 2009.

  • Crues débordantes atteignant des niveaux remarquables, coulées de boue, dégâts dus à la foudre, à la grêle et aux vents tempétueux
  • Submersion marine en zone littorale et dégâts liés à l’action mécanique d’énormes vagues déferlantes à la côte (surcote)
  • Des victimes (bilan : 5 morts)
  • Dégâts conséquents (interruption du trafic routier et ferroviaire, coupures d’électricité, etc.). Plusieurs milliers de personnes ont été évacuées, notamment par hélicoptère, au cours du week-end par les équipes d’intervention. Pour le Var et les Alpes-Maritimes :
  • Évacuation de plus de 2500 personnes dans le Var dont 650 personnes à Hyères, menacées par la crue du Gapeau
  • 120 personnes hélitreuillées
  • Arbres déracinés
  • Câbles aériens arrachés et coupures de courant
  • 4000 personnes privées de liaison téléphonique
  • Routes coupées, notamment en front de mer
  • Bâtiments publics (notamment scolaires) endommagés
  • Au moins 300 entreprises et 300 exploitations agricoles endommagées (tout ou parties) dans le Var et 150 dans les Alpes-Maritimes

Le Muy (83)

Mandelieu-la-Napoule (06)

Fréjus (83)

Roquebrune-sur-Argens (83)

Saint-Raphaël (83)

Puget-sur-Argens (83)

Vidauban (83)

Biot (06)

Antibes (06)

Grasse (06)

240 M€ (mise à jour le : 18/01/2016)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 442

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés