Inondation Gard / Hérault de septembre 2005

Mise à jour le 21/05/2018


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Après une année particulièrement chaude et sèche sur ces régions du sud de la France, le premier épisode cévenol de la saison se déclenche brutalement du 6 au 9 septembre. Les départements du Gard et de l’Hérault subissent deux épisodes de pluies intenses les 6-7 et 8-9 septembre. Les orages sont d’une rare violence et les cumuls pluviométriques atteignent 220 mm en une journée à Nîmes et dépassent au final les 400 mm sur les hauteurs cévenoles. Les cumuls sont parfois exceptionnels, comme à Bernis, située au sud de Nîmes, qui reçoit l’équivalent de 6 mois de pluie en une nuit. Des inondations remarquables se produisent, notamment en milieu urbain par effet de ruissellement : les centres villes de Montpellier et de Nîmes sont alors submergés. 

Contrairement à l’inondation de septembre 2002 dans le Gard ayant causé la mort de 23 personnes et généré environ 600 M€ de dégâts pour le marché, une meilleure organisation de l’alerte météo et un comportement adapté des habitants ont permis de mieux appréhender l´inondation de 2005 limitant certainement les dégâts et les pertes humaines.
77 M€
Dommages assurés hors automobile

Date de début
05/09/2005
Date de fin
10/09/2005

Cours d'eau ayant débordé
le Vistre, le Lez , le Vidourle, essentiellement des inondations liées au ruissellement en milieu urbain (Nîmes, Montpellier, Lunel)

Pluviométrie maximale
85.0 mm en 1h
264.0 mm en 24 h


Départements concernés
Alpes-Maritimes (06), Ariège (09), Aude (11), Bouches-du-Rhône (13), Corse-du-Sud (2A), Gard (30) ...

 

LE PHENOMENE METEOROLOGIQUE :

La première vague orageuse, du 5 septembre à 16 heures au 8 septembre à 5 heures, est un épisode pluvieux intense qui a d’abord concerné le département de l’Hérault puis celui du Gard. Le second épisode, du 8 à 17 heures au 9 septembre à 5 heures, a concerné surtout le seul département du Gard. Les précipitations enregistrées dans la partie ouest de Nîmes ont été supérieures à celles du premier épisode.

Le temps change nettement dès le lundi 5 septembre 2005, avec l´approche d´un système dépressionnaire par la Bretagne puis le creusement d’une dépression en Méditerranée, sur les Baléares. Dans ce contexte classique, un flux de sud de plus en plus dynamique se met en place, entraînant une dégradation très marquée, la première de l´automne. Les orages éclatent en région Midi Pyrénées, Auvergne, Languedoc Roussillon puis Rhône Alpes.

Le mardi 6 septembre en matinée, un système orageux stationnaire touche principalement l´Est de l´Hérault et l´ouest du Gard. Il s’agit d’orages « en V » (appelés ainsi en raison de la forme que prennent les précipitations sur les radars) qui se régénèrent en mer et qui restent stationnaires, donnant des cumuls sur 24 heures dépassant les 200 à 250 mm de pluie.

Dans l’après-midi, un nouveau système orageux intense et stationnaire « en V » concerne le Gard. Les prévisions pour les prochaines heures sont alarmantes car l’arrivée d´air plus froid en altitude sur la zone conforte la violence des orages. Sur l´ensemble de l´épisode, on peut alors craindre des cumuls ponctuels, sur le Gard et l´Hérault, avoisinant les 500 mm. Cette situation devient donc critique compte tenu de l´état des sols et des cours d´eau.

De gros orages touchent l´Hérault jusqu’en début de soirée. A 16h, Météo-France active la vigilance rouge pour ces deux départements. La ville de Lunel est inondée dans les points bas à hauteur d´un mètre d´eau. L’autoroute A9 est coupée entre Agde et Nîmes. Puis l’on assiste à une relative accalmie sur le Gard après l´orage « en V » de l´après-midi qui a donné plus de 400 mm sur le sud du département.

Sur la Provence, la situation s´aggrave nettement en soirée. Des orages éclatent déjà sur le Var et la Corse. On relève là aussi des cumuls de 80 à 150 mm, localement 200 mm.

Le temps très pluvieux et orageux progresse en fin de journée vers l´ouest des Bouches du Rhône et du Vaucluse, puis le littoral Varois en soirée, avec des cumuls de l´ordre de 60 à 80 mm (localement 150 mm).

Une accalmie temporaire se dessine le mercredi 7 au matin sur une grande partie des départements qui ont été concernés par la première vague orageuse. Seules quelques averses venant de la mer subsistent sur la Côte d’Azur.

Mais la goutte froide (dépression d’altitude), responsable de ces fortes pluies d’orage, engendre une nouvelle onde fortement instable dès la nuit suivante. En première partie de nuit, une nouvelle offensive pluvio-orageuse s’amorce par le sud. Les départements des Pyrénées Orientales, de l’Aude, de l’Hérault et du Gard sont touchés à nouveau. Des pluies continues et orageuses engendrent de forts cumuls pluviométriques sur ces mêmes départements. Les précipitations maximales se déclenchent le jeudi 8 dans la journée. L´activité orageuse remonte de Méditerranée dès le matin et aborde les côtes du Gard et des Bouches du Rhône, principalement sur le delta du Rhône. Les intensités sont fortes sur les deux départements cités et le Vaucluse. Jusqu’en fin d’après-midi, une ligne d’intenses précipitations orageuses s´étend de la mer jusqu’au centre du Gard. Elle a tendance à se décaler vers l´Hérault. Sur le Var et les Bouches du Rhône, les averses se multiplient. D´autres se forment sur l´Aude et les Pyrénées-Orientales.

En soirée et première partie de nuit, des orages se forment toujours près du littoral des Bouches-du-Rhône et remontent ensuite sur la Camargue et le Gard, même si les pluies sont moins stationnaires sur cette zone qu´en journée. Les rues de Nîmes sont sous 20 à 30 cm d´eau. L´autoroute A9 reste fermée dans les deux sens entre Orange et Narbonne.

Les dernières pluies de l’épisode concernent encore essentiellement les départements situés à l’est du Rhône vendredi 9 septembre jusqu’à la mi-journée, mais sans aucune commune mesure avec celles de la veille.

 

LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

Cet épisode pluvio-orageux intense a généré localement des cumuls pluviométriques exceptionnels, notamment sur le bassin du Vistre et du Lez. Mais la période de l’année à laquelle il s’est produit, après une sécheresse marquée, a heureusement conduit à amoindrir ses effets en termes de crue. Cependant, cet événement a généré de très forts ruissellements sur les petits bassins versants et sur les surfaces urbaines imperméabilisées, ce qui produit alors de nombreux dégâts.

Dans l’Hérault, les précipitations intenses du premier épisode ont entraîné des submersions urbaines sur l’agglomération de Montpellier et la ville de Lunel. A l’exception du Lez, aucun cours d’eau n’a atteint de seuil critique mais les basses plaines ont été submergées plus ou moins sévèrement. Les inondations les plus importantes se produisent dans les centre-ville et environs de Montpellier (en matinée, puis en soirée du 6) et de Nîmes (après-midi du 6).

Dans le département du Gard, les communes touchées par les submersions urbaines ont été nombreuses et en particulier la partie est de l’agglomération de Nîmes, où il tombe 230 mm durant l’après-midi du 6 (dont 100 mm en une heure). Dans ce secteur, la nature des sols calcaires et fissurés (« karstiques ») a amorti très sensiblement les conséquences du phénomène. Par contre, le réseau hydrographique de surface, et en particulier le Vistre et le Vidourle ont atteint ou dépassé leurs côtes d’alertes en plusieurs points et provoqué des inondations dans des secteurs où elles sont récurrentes.

Le second épisode a concerné surtout le seul département du Gard. Les précipitations enregistrées dans la partie ouest de Nîmes ont été supérieures à celles du premier épisode. Le ruissellement n’avait pas encore eu le temps d’être amorti par le réseau karstique encore rempli par le premier épisode, ce qui entraîna des submersions urbaines plus graves. Ailleurs, le Vistre en particulier, a réagi plus violemment que la première fois malgré des précipitations moindres, avec les mêmes conséquences. Cet épisode a principalement touché la ville de Nîmes (dont le centre-ville est submergé par 1 mètre d’eau) et la petite Camargue durant l’après-midi et la soirée du 8.

Malgré une mise en vigilance météorologique moins élevée (de niveau orange et non rouge cette fois-ci), les dégâts occasionnés par le second épisode semblent avoir été bien plus importants que lors du premier. Les précipitations du 8 septembre ont atteint encore plus de 200 mm sur Nîmes et se sont abattues sur des terrains saturés par les pluies des deux jours précédents. Le Vistre et le Vidourle ont dépassé leur côte d’alerte. L’utilité d’une alerte fondée à la fois sur des critères météorologiques (cumuls de pluie) et hydrologiques (saturation des sols, propagation hydraulique) et prenant en compte des critères liés à la vulnérabilité des sites touchés (villes, réseaux de transport…) est mise en évidence sur cet exemple.

La première réaction de l’eau est de ruisseler de façon généralisée sur toute la zone, urbanisée ou non, qui se trouve sous l’averse. Quand le réseau d’assainissement pluvial urbain (à ciel ouvert et/ou enterré) ne peut plus absorber le débit et les volumes de l’averse, des zones urbanisées et imperméabilisées sont submergées. Le réseau hydrographique réagit alors que l’épisode pluvieux est déjà en cours voire terminé.

  • Nombreuses inondations d’habitations et de caves (650 maisons inondées pour le seul département de l’Hérault)
  • La décrue ayant été assez rapide, les dommages en pertes d’exploitation ont été minimes
  • Nombreuses routes, lignes EDF coupée
  • Trafic ferroviaire perturbé
  • 2 morts

Vallauris (06)

Aubord (30)

Bernis (30)

Le Cailar (30)

Milhaud (30)

Nîmes (30)

Vauvert (30)

Vestric-et-Candiac (30)

Montpellier (34)

La Londe-les-Maures (83)

77 M€ (mise à jour le : 18/01/2016)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 262

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés