Inondations de Haute-Corse en octobre 1999

Mise à jour le 21/05/2018


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En octobre 1999, le sud-est de la France subit de violentes intempéries après un mois de septembre déjà marqué par de violents orages et des tornades.. Les 23 et 24 octobre, la Côte d’Azur connaît un week-end « record » de précipitations avec 118 mm à Menton (06) et 130 mm à Nice (06) : des glissements de terrain et des inondations se produisent. La Corse n’est pas épargnées avec des orages localisés mais particulièrement intenses, notamment sur la façade orientale de l’île.
34 M€
Dommages assurés hors automobile

Date de début
20/10/1999
Date de fin
26/10/1999

Cours d'eau ayant débordé
La Vistre (30), le Vidourle (34), le Gard, le Var, nombreux écoulements torrentiels en zone montagneuse de la Corse

Pluviométrie maximale
59 mm en 1h
183 mm en 24 h


Départements concernés
Alpes-Maritimes (06), Ardèche (07), Bouches-du-Rhône (13), Doubs (25), Drôme (26), Gard (30) ...

 

LE PHENOMENE METEOROLOGIQUE :


Au cours du mois d’octobre, le sud-est de la France essuie de violentes intempéries à plusieurs reprises. La pluviométrie est excédentaire avec un maximum de 338% au Cap Cépet (83). Du 20 au 24 octobre 1999 la France est sous l’influence d’un vaste système dépressionnaire très creux (pression à 965 hPa sur l’Atlantique), qui s’étend de Terre Neuve à la Méditerranée occidentale. Au sein de cette dépression se creuse une dépression secondaire centrée sur le Golfe du Lion. A cette dépression est associé un système perturbé très actif alimenté par un fort courant de secteur sud qui entre en contact direct avec de l’air froid issu d’un puissant anticyclone centré sur la Russie.

Les départements sinistrés sont successivement affectés par le front chaud mais surtout par le front froid pluvio-orageux très actif généré par cette dépression. Le Languedoc-Roussillon et les départements cévenols sont d’abord concernés par les plus violents orages, lesquels s’accompagnent localement de très violentes bourrasques de vent (avec de possibles tornades). Ainsi, quatre jours de précipitations orageuses et deux tornades aux environs de Montpellier ont causé de nombreux dégâts dans l´Hérault et entraînant la mort d’un pêcheur à Marseillan (34). Dès le 18 octobre, le vent commence à souffler avec violence dans tout le département de l´Hérault. Des pluies torrentielles renforcent ses effets, causant de multiples dégâts. L´épisode le plus dramatique s´est déroulé à Marseillan, entre Sète et Agde, où une tornade a tout emporté dans un couloir d´une cinquantaine de mètre de large et de plusieurs kilomètres de long. La rafale a également fait plier les poutrelles métalliques d´un hangar à bateaux. Le premier étage s´est effondré, et plus d´une centaine de bateaux à moteur ont été détruits.

Le 21, la tempête n´avait toujours pas faiblit. Un cargo italien a rompu ses amarres dans le port de Sète, avant de se mettre en travers d´un bassin - un incident certes spectaculaire, mais sans gravité. En revanche, le trafic ferroviaire a été longuement interrompu entre Agde et Sète, des caténaires étant tombées sur les voies.
A Montpellier, plus de 30 mm sont tombés en vingt minutes. La RN113, qui mène à Nîmes, était impraticable à Castelnau, au nord-est de la ville. Le long de cette route, une grande surface été évacuée, en raison d´un écroulement des faux plafonds gorgés d´eau (source presse).

Les précipitations se caractérisent donc à la fois par leur forte intensité et par des cumuls sur 24 heures importants. Du 19 au 21, les pluies torrentielles concernent surtout l’arc cévenol, avec des cumuls de 200 mm sur les hauteurs de l’Ardèche et du Gard, et jusqu’à 244 mm en 24h à Villefort (48) - le sud de Nîmes a subi un orage ayant déversé 169 mm d’eau. La Corse et le sud du Var sont tout d’abord touchés de façon sporadique par quelques forts orages, générant des cumuls de 175 mm à Bastia et 220 mm à Toulon, ce qui est considérable.

Puis, jusqu’au 22 au soir, les orages deviennent plus nombreux au passage du front froid, marqués par de très fortes intensités pluviométriques : les cumuls atteignent à nouveau les 200 mm sur les hauteurs cévenoles, 170 mm dans l’intérieur du Var (Brignoles, 83) et à Istres (13), 150 mm à St-Raphaël (06), tandis que la Corse est frappée de plein fouet par le passage du front, qui concerne essentiellement la façade orientale de l’ile, avec 252 mm à Matra (en montagne) et 182 mm à Lucciana, au sud de Bastia. Partout les durées de retour sont supérieures à 15 ans mais c’est dans le sud qu’elles sont les plus importantes puisqu’elles sont comprises entre 50 et 100 ans (Corse). Cet épisode pluvieux est accompagné de rafales de vents dépassant les 100 km/h, atteignant 122 km/h à Marseille, et marqué par de nombreux impacts de foudre.

LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

Il faut tout d’abord rappeler que l’année 1999 est marquée par une recrudescence d’intempéries sur la France, qui n’épargnent pas le sud-est.L’Automne y est particulièrement pluvieux dès la deuxième quinzaine de septembre, où des inondations se produisent déjà sur la Côte d´Azur, la Provence, en vallée du Rhône et de la Saône, sur l´Ariège et la Corse. Ces mêmes régions se retrouvent confrontées à de nouvelles inondations entre le 20 et le 24 octobre. Cet épisode précède celui des inondations de l’Aude qui auront lieu les 12 et 13 novembre suivants.
Les sols présentent donc un état de saturation, tandis que les réseaux calcaires souterrains de la Provence sont submergés. A l’aube de la catastrophe de novembre, toutes les conditions  hydrométéorologiques présentaient un état à général à haut risque sur le pourtour méditerranéen.

Les 20 – 24 octobre, l’intégralité du réseau hydrographique de la Haute-Corse orientale connaît des crues. Dans le Gard, la Provence et le Sud-Est, les cours d’eau provoquent des crues torrentielles très rapides alors que le réseau hydrologique principal (Gard, Vistres, Var) connait une montée des eaux moins rapide mais plus durable.
En région Rhône Alpes ces pluies interviennent sur un sol déjà détrempé par les inondations de fin septembre, ainsi les crues sont principalement localisées sur les secteurs de la Vallée du Rhône et des affluents de rive droite de la Loire.
En Corse, la ville de Borgo (2B) est cernée par des coulées de boue après un orage d’une grande violence, tandis que le scénario se répète à Bastia. Le couloir rhodanien et les Cévennes ne sont pas épargnés : une dizaine de villages du Gard, au sud de Nîmes, a été inondé, nécessitant l´évacuation d´une centaine de personnes, notamment à Bellargues, Vauvert et Saint-Gilles où les dégâts sont importants. A Saint-Gilles, l´eau a atteint jusqu´à 1,80 m de hauteur, laissant derrière elle de la boue et des gravats qui ont envahi les habitations. Une vingtaine de voitures ont été emportées dans un ruisseau à la sortie du village. A Vauvert, des arbres ont été arrachés et à Bellargues une centaine d´habitants a dû être évacuée par mesure de sécurité devant la montée des eaux. Plusieurs rivières étaient également en crue, notamment La Vistre et le Vidourle, qui ont atteint leur niveau d´alerte.
Dans la Drôme, à Tain-L´hermitage, un train de nuit Paris - Béziers a été bloqué plusieurs heures en raison d´éboulements sur la voie.

  • Inondations d’habitations, de locaux industriels et de commerces
  • Glissements de terrains et affaissements
  • Pertes d’exploitation commerciales et agricoles (vignoble)
  • Endommagements d’habitations par coulées de boue
  • Voirie et ouvrages d’art détruits ou endommagés
  • Dégâts dus au vent et à la foudre

Louhans (71)

Saint-Gilles (30)

Mougins (06)

Marseille (13)

Furiani (2B)

Vesoul (70)

Bastia (2B)

Bellegarde (30)

Biot (06)

Biguglia (2B)

34 M€ (mise à jour le : 18/01/2016)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 451

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés