Inondations de Bretagne de décembre 2000

Mise à jour le 21/05/2018


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Le 11 décembre 2000, un front pluvieux aborde la Bretagne et progresse très lentement vers l´Est. Ce long épisode pluvieux intervient alors que les sols sont déjà saturés par les pluies du mois d´octobre. Cette perturbation se caractérise par des cumuls de précipitations très importants sur l´ensemble de la Bretagne avec des maximums sur l ´Ouest du Morbihan. Les durées de retour de telles précipitations avoisinent les 20 ans. Les inondations ont été accentuées dans les zones d´estuaire par les forts coefficients de marée.
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Date de début
11/12/2000
Date de fin
15/12/2000

Cours d'eau ayant débordé
L'Oust, le Blavet, l'Odet, affluents des 3 cours d'eau précédents

Pluviométrie maximale
9.0 mm en 1h
73.0 mm en 24 h


Départements concernés
Côtes-d'Armor (22), Finistère (29), Ille-et-Vilaine (35), Loire-Atlantique (44), Morbihan (56)

 

LE PHENOMENE METEOROLOGIQUE :

L’hiver 2000 / 2001 est caractérisé par une pluviométrie exceptionnelle sur l’ensemble du nord-ouest de la France. Cette situation est liée à l’établissement durable d’un flux océanique de secteur sud-ouest qui entraîne le défilé parfois ininterrompu des perturbations et des coups de vent. Cette configuration « zonale » (signifiant que les systèmes météorologiques se déplacent sur de vastes distances selon une circulation d’ouest en est) contribue à une remarquable douceur ambiante. Les chutes de neige sont alors quasi inexistantes sur ces régions pendant cette période. L’évènement qui nous intéresse ici doit être replacé dans un contexte de forte pluviométrie durable qui persiste depuis le printemps et surtout depuis l’été.

Cette situation s’est aggravée dès la mi-septembre 2000, où les pluies se succèdent à un rythme soutenu, entrecoupées de quelques périodes de répit. Les fortes pluies des 18 et 19 septembre ont marqué le début d´une période pluvieuse quasi ininterrompue jusqu´en mars 2001. A Plouay (56), il tombe quasiment entre 10 et 30 mm d’eau par semaine, avec une recrudescence dès novembre et surtout en décembre, où les cumuls quotidiens atteignent fréquemment 20 à 40 mm.

Toutes ces valeurs dépassent les précédents records, qui dataient généralement de l’hiver 1994/1995. En novembre, on enregistre des records de pluie : 259 mm à Quimper, 213 mm à Landivisiau. Les violentes précipitations des 11 et 12 décembre ont dépassé 100 mm sur le centre de la Bretagne. On a enregistré les plus fortes valeurs de précipitations journalières sur 50 années d´observations.

Les premières inondations de grande ampleur interviennent au cours de la première quinzaine de novembre : notamment sur la Basse-Normandie et l’Ille-et-Vilaine. Le 30 novembre, une nouvelle perturbation active balaye encore une fois le nord-ouest de la France : cette fois, ce sont les rafales de vent soufflant entre 130 et 170 km/h qui occasionnent de sérieux dégâts (du Finistère à la Seine-Maritime).

Un mois après les premières inondations, il pleut sans interruption du 3 au 14 décembre, avec un maximum d’intensité le 11 et le 12 : il tombe près de 70 à 100 mm d’eau en deux jours, notamment sur les collines de la Bretagne intérieure, avec des cumuls compris entre 100 et 200 mm en deux semaines, soit déjà plus qu’un mois de décembre entier normal.

Ces nouvelles pluies arrivent sur des sols gorgés d’eau et sur des niveaux de cours d’eau déjà très élevés - cette situation est aggravée par les forts coefficients de marée qui gênent l’écoulement des eaux fluviales à la mer.

LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

Les causes de ces inondations trouvent donc leurs sources dans des précipitations quasi constantes sur une longue période qui ont saturé en permanence les sols, et à quelques épisodes pluvieux plus intenses. L´élément déterminant des crues est la saturation des sols. Cette saturation peut rendre dangereuse des précipitations peu intenses ou de "courte" durée qui ne peuvent être absorbées par les sols. Dans ces conditions de saturation, des événements pluvieux qui, pris isolément ne sont pas exceptionnels, se sont succédés en ruisselant en quasi-totalité et en ayant à chaque fois des répercussions hydrologiques dommageables.

La première constatation est que la succession d´autant de crues en une saison en Bretagne présente un caractère tout à fait exceptionnel.

Les crues conduisent à une élévation du niveau de l’eau dans le lit mineur (lieu des écoulements ordinaires), puis à un débordement (inondation) dans le lit majeur (espace d’inondation) résultant du ruissellement des précipitations sur la surface du sol. Cela aboutit au « rendement global », c’est à dire le rapport du volume de crue au volume de pluie, qui est commandé essentiellement par la capacité d´infiltration des pluies dans le sol, généralement liée à l´état de saturation de celui-ci, mais dépendant aussi de l´intensité de l´averse, de la pente et du degré d´imperméabilisation du terrain (en ville et à la campagne).

Concernant la Bretagne, il faut distinguer deux configurations différentes :

- Le bassin de la Vilaine dont la surface totale est de l´ordre de 10 000 km2 avec des caractéristiques spécifiques : barrage en estuaire interdisant la remontée des marées (mais pouvant arrêter tout écoulement pendant les hautes eaux), pente avec des profils successifs bien marqués, géologie elle aussi bien distincte entre les granites (sols perméables) et les schistes (sols plus imperméables).

- Les bassins des petits fleuves côtiers : le plus grand a moins de 1500 km2- chacun a « sa vie propre » en fonction des phénomènes météorologiques qui peuvent l´affecter. Ils sont très généralement soumis aux effets des marées. La Bretagne a donc été affectée par plusieurs épisodes de crues directement liés aux précipitations évoquées : les 12 et 13 décembre 2000, on a enregistré les plus fortes valeurs des débits depuis le début des observations sur l´Odet, l´Isole et l´Ellé avec des débits spécifiques de 400 à 600 l/s/ km² voire supérieurs pour les bassins versants plus petits situés sous l´épicentre d´averses.

Parallèlement à ces crues débordantes, on note aussi la formation de véritables « torrents dévastateurs » comme à Quimperlé (29) : la pluie a pu ruisseler et former par endroit ces torrents qui hors de toute vallée sont allés inonder des quartiers d’habitations et industriels. Cela a été le cas aussi dans le Morbihan et à La Gacilly par exemple.

De fait, ces événements tiennent plus à la topographie générale, à l’intensité des averses et à la saturation du sol qu’à l´occupation des sols ou au couvert végétal. On observe également des phénomènes d’inondations par remontée des nappes phréatiques, comme à Riec-sur-Belon (29).

Enfin, les marées hautes de forts coefficients (supérieurs à 100) ont eu un effet aggravant sur les inondations près des estuaires (exemple : la Laïta, dans le Morbihan). Les hauteurs de submersion sont très variables: on a constaté des maxima d´une soixantaine de centimètre au quartier du Châtelet à Redon et jusqu’à près de 3 mètres dans un commerce situé sur les quais de Quimperlé devant l’embouchure de l’Isole. On compte ainsi de novembre 2000 à mars 2001, cinq épisodes de crues et d´inondations marquées, soit un par mois.

  • Plusieurs centaines de personnes évacuées
  • Dégâts dus au vent (toitures, arbres arrachés…)
  • Dégâts à la voirie
  • Inondations d’habitations, de commerces et de locaux industriels par ruissellement urbain ou débordement de cours d'eau
  • Pertes d’exploitation commerciales et agricole

Arzano (29)

Cast (29)

Châteaulin (29)

Châteauneuf-du-Faou (29)

Morlaix (29)

Port-Launay (29)

Quimper (29)

Quimperlé (29)

Scaër (29)

Inzinzac-Lochrist (56)

84 M€ (mise à jour le : 18/01/2016)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 170

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés