Inondations de Bretagne en janvier 2001

Mise à jour le 21/05/2018


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Début janvier 2001 la Bretagne a de nouveau connu de fortes crues qui se sont formées dans un contexte extrêmement favorable de saturation des sols liée à une succession d’épisodes pluvieux depuis mi-septembre 2000. Le paroxysme de la crue est atteint les 5 et 6 janvier.
Les villes de Redon, Quimper et Quimperlé, notamment, ont été fortement sinistrées.
28 M€
Dommages assurés hors automobile

Date de début
31/12/2000
Date de fin
10/01/2001

Cours d'eau ayant débordé
L’Arguenon, la Rosette, l’Odet, la Vilaine, la Mayenne, l’Orne, l’Ille, l’Illet, l’Oust, la Laïta

Pluviométrie maximale
13.0 mm en 1h
53.0 mm en 24 h


Départements concernés
Calvados (14), Côtes-d'Armor (22), Eure (27), Eure-et-Loir (28), Finistère (29), Ille-et-Vilaine (35) ...

 

LE PHENOMENE METEOROLOGIQUE :

La saison hivernale 2000-2001 est marquée par une pluviométrie record sur le Nord-Ouest de la France, les perturbations se succédant à un rythme soutenu. A Rennes, pour laquelle on dispose de données depuis 1887, le précédent record était de 610 mm lors de l’hiver 1929 – 1930 (période octobre – mars) - cet hiver-ci, il a été largement dépassé avec 740 mm de pluie sur les 6 mois (source : Météo-France/pluiesextremes). Déjà, en juillet 2000 à Rennes, les pluies avaient atteint trois fois la normale. 

Les premières fortes pluies des 18 et 19 septembre 2000 ont marqué le début d´une période pluvieuse quasi ininterrompue jusqu´en mars 2001 sur toute la Bretagne. En novembre 2000, on enregistre déjà des records pluviométriques : 259 mm à Quimper, 213 mm à Landivisiau. Les précipitations plus intenses des 11 et 12 décembre ont dépassé 100 mm sur le centre de la Bretagne. Du 31 décembre au 5 janvier, il a plu de 100 à 200 mm sur la majeure partie du Morbihan, sur le sud-est du Finistère, le sud des Côtes d’ Armor et le sud-ouest de l´Ille-et-Vilaine. Au total en 4 mois, de septembre 2000 à janvier 2001, il est tombé plus de 1000 mm, soit plus de 80 % d´une pluviométrie annuelle normale ou encore deux à trois fois la pluviométrie normale pour cette période de l´année. 

La Basse-Normandie et les Pays de la Loire connaissent des cumuls pluviométriques également exceptionnels, bien que moins impressionnants : entre septembre et janvier, il tombe de 500 à 1000 mm d’eau, avec par exemple 675 mm à Caen (14) pour une normale de 396 mm - 879 mm à Deauville (14) pour une moyenne de 488 mm - 1044 mm à Cherbourg (50) pour 560 mm - citons aussi Nantes (44) avec 866 mm sur ces 4 mois pour une moyenne de 480…Pour toutes ces stations du nord-ouest, cela représente souvent près du double de la normale statistique de référence.

La période qui nous intéresse ici est, elle-même, marquée par une recrudescence des pluies avec le passage d’une nouvelle perturbation océanique circulant dans un flux d’ouest. 
Les pluies entre le 31 décembre 2000 et le 5 janvier 2001 succèdent à une période de répit d´une dizaine de jours (entre le 20 et le 30 décembre).
Une première perturbation active apporte dès le 31 décembre 40 à 60 mm sur l´Ouest de la Bretagne (69 mm à Plouray (56). Après deux jours d´averses irrégulières mais parfois soutenues, de nouvelles fortes pluies se produisent les 3 et 4 janvier sur l´ensemble du Nord-Ouest de la France.
Le 5 janvier, les pluies se poursuivent surtout sur la partie Est de la Bretagne. Au total, les cumuls atteignent, sur les 6 jours, 100 à 200 mm sur la majeure partie du Morbihan, le Sud-Est du Finistère, le Sud des Cotes d´Armor et le Sud-Ouest de l´Ille et Vilaine (232 mm à Guiscriff (56)). 
La Basse-Normandie et les Pays de la Loire connaissent des valeurs plus modérées mais tout de même importantes, puisqu’il tombe, sur les collines du Calvados, de l’Orne et de la Mayenne de 40 à 60 mm en deux jours (les 3 et 4 janvier), soit parfois l’équivalent de deux semaines de précipitations en janvier. L´épisode déclenchant de ces inondations est donc essentiellement celui des 3 et 4 janvier. En 48 heures, on recueille une lame d´eau de 50 à 90 mm sur la majeure partie des bassins du Sud de la Bretagne. 
Les pluies les plus abondantes sont relevées sur la partie amont des principaux bassins versants bretons débouchant dans l´Atlantique (surtout nord-est du Morbihan).
Cela se reproduira d’ailleurs encore une fois en dernière décade du mois, où, après une semaine de temps sec, les pluies reviennent en force sur l’Ouest du 20 au 24 janvier. Les cumuls importants sur ces 4 jours provoquent à nouveau une montée des cours d´eau. 


LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

Le risque inondation est le premier risque naturel en Bretagne, tant par l´importance des dommages qu´il provoque que par le nombre des communes concernées et les populations résidant dans ces zones (environ 100 000 habitants sur 3 millions) (Source : Bretagne-environnement). Cependant, à la différence du caractère souvent meurtrier des inondations du sud de la France (ex. de Vaison-la-Romaine), la lenteur des montées des eaux en Bretagne permet une diminution des pertes humaines.
Les inondations et coulées de boues qui ont touché une grande partie du territoire breton ont donc fait suite à des précipitations quasi constantes sur une longue période qui ont saturé en permanence les sols et entraîné un écoulement très important des eaux de pluies vers les rivières, dont l’évacuation à la mer a été freiné par de fréquentes tempêtes et des marées de forts coefficients.
Le contexte global est celui d’une année exceptionnellement pluvieuse : il a plu 1.5 à 2 fois plus que la normale, et les records des 50 dernières années (souvent hivers 1987-1988 et 1994-1995) sont pulvérisés pour toutes les stations du grand Ouest de novembre 2000 à février 2001. Selon Météo-France, on ne retrouve pas de trace d’un hiver aussi pluvieux dans les relevés anciens. Dès la mi-septembre 2000, les pluies se succèdent sur le Nord-Ouest de la France à un rythme soutenu entrecoupées de courtes périodes de répit. Dès le début de l´automne, les sols se sont rapidement réhydratés et les nappes phréatiques se sont rechargées. Les sols finissent par être gorgés d’eau. Les fortes pluies peuvent alors provoquer d´importantes inondations, notamment début novembre, mi-décembre puis début janvier. La répétition et surtout l´accumulation de ces pluies est exceptionnelle. 
Sur l´ensemble de la saison hivernale (octobre à mars), de tels cumuls n´ont jamais été observés. Au cours de ces 6 mois, la pluviométrie normale d´une année complète est atteinte, voire dépassée de 20 à 40% sur le centre de la Bretagne.
Les premières inondations de grande ampleur surviennent au cours de la première quinzaine de novembre. La Basse-Normandie et le nord de l´Ille-et-Vilaine sont particulièrement affectés par cette première vague.
Les fortes pluies des 11 et 12 décembre arrivent sur des sols gorgés d´eau et des niveaux de cours d´eau élevé. Elles provoquent d´importantes inondations surtout sur le Finistère et le Morbihan avec des écoulements contrariés au niveau des estuaires par de grandes marées (coefficients supérieurs à 100), aggravés par des vents forts de sud-ouest.
Après une dizaine de jours de répit, les pluies reviennent en force sur le sud de la Bretagne dès le 31 décembre. Elles resteront soutenues jusqu´au 5 janvier. La réaction des cours d’eau est impressionnante sur les bassins de Quimper et de Quimperlé (sud du Finistère), qui dépassent leur seuil de débordement : à Quimper (3,03 m pour un seuil de 2,30 m) et Quimperlé (4,08 m pour un seuil de 2,90 m). Sur les bassins de Châteaulin et de Morlaix, les seuils de débordement ont été approchés mais pas atteints. Plusieurs commerces et riverains, qui avaient tout juste remis en état leurs locaux ou habitations après les crues de décembre, sont envahis par les eaux. C’est le cas pour les villes finistériennes installées au fond de « rias » (estuaires étroits où la mer remonte dans le lit des fleuves côtiers), notamment Quimper, Quimperlé, Pont-Aven, Châteaulin, Morlaix et Landerneau. A Quimperlé, le niveau des eaux sur les quais et dans la Basse-Ville est compris entre 50 cm et 1 m. Le secteur de l´hippodrome à Quimper était d´ores et déjà inondé, tout comme les quais du centre-ville. En raison des crues de l´Odet, le trafic ferroviaire de la gare de Quimper subissait quelques perturbations. Les niveaux d´inondations pour Quimper restent toutefois "en-deçà des niveaux de crue" de 1994. A Guipry (Ille-et-Vilaine), le niveau de la crue de décembre 2000 est à nouveau atteint. 

Au final, cet épisode a eu de nombreux « effets secondaires » :
- une accélération notable du phénomène de recul des falaises littorales, minées par les infiltrations et les ruissellements, 
- un effondrement massif de marnières, 
- de nombreuses déstabilisations, affaissements, fissurations ou même ruines de bâtiments, dont les fondations ont été sapées par des remontées de nappes.

La décrue s’est mise en place lentement le 11 janvier à Redon (35), et les débordements dus aux grandes marées à Quimperlé (Finistère) se sont avérés largement inférieurs aux prévisions.

  • Inondations d’habitations. Entre 40 cm et 1m d’eau dans certaines habitations.
  • Dégâts sur la voirie.
  • Erosion des berges.
  • Pertes d’exploitation agricoles
  • Inondations de commerces.
  • Dégâts sur les biens publics.
  • Affaissements de terrains

Caen (14)

Louvigny (14)

Mondeville (14)

Évreux (27)

Quimperlé (29)

Rennes (35)

Nantes (44)

Vannes (56)

L'Aigle (61)

Le Mans (72)

28 M€ (mise à jour le : 06/01/2015)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 381

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés