Inondations de mai-juin 2016 en France

Mise à jour le 11/02/2020


Image Evenement

Entre la fin du mois de mai et le début du mois de juin 2016, la France a connu plusieurs épisodes de précipitations abondantes qui se sont traduites, à l’image des crues survenues dans le bassin de la Seine, par des inondations de fortes ampleurs et des dommages significatifs. Les épisodes les plus remarquables en termes de dommages matériels ont concerné principalement les départements de la de la Loire-Atlantique, de la Seine-Maritime, de l’Eure, du Loiret et de l’ensemble de l’Île-de-France impactée par une crue d’envergure de la Seine et une crue majeure de l’un de ses affluents, le Loing.

1 Md€
Dommages assuré hors automobile

Date de début
23 mai 2016
Date de fin
30 juin 2016

Cours d'eau ayant débordé

Seine, Loing, Yvette, Yerres, Bièvre, Lawe, Clarence, Orne, Iton



Départements concernés
Aisne (02), Ardennes (08), Aube (10), Bas-Rhin (67), Calvados (14), Charente (16) ...


À compter du 25 mai 2016, de nombreux orages parfois très violents ont balayé d’Ouest en Est une grande partie du pays. Entre le 27 et le 29 mai, ce sont tout d’abord les régions situées à l’Ouest du pays qui ont été impactées et en particulier la Loire-Atlantique (44), la Vienne (86) et le Loir-et-Cher (41). Dans la Vienne (86), il est tombé l’équivalent d’un mois de pluie en 24h et les cumuls ont atteint 100 mm en 1h30 à Bagneux (41). À partir du 30 mai, un nouvel épisode de précipitations intenses et continues pendant plusieurs jours va affecter le département du Loiret, de l’Yonne et la région des Hauts-de-France. Le 31 mai, la région Lorraine est balayée par les orages avec des précipitations comprises entre 10 et 35 mm. De manière générale, le mois de mai 2016 s’est caractérisé par des records de précipitations. Ainsi, près de 180 mm ont été enregistrés à Paris surpassant le précédent record de 132 mm lors du mois de mai 1992. Même écho pour Orléans où les 180 mm de pluie mesurés correspondent à 3 mois de précipitations pour un mois de mai normal.


Conséquences hydrologiques

Les conditions météorologiques du mois de mai et les fortes intempéries qui ont eu lieu sur les différents territoires ont entraîné des inondations par ruissellement, avec des dommages plus ponctuels, et des débordements des cours d’eau avec des conséquences importantes notamment dans le bassin de la Seine. En Loire-Atlantique le centre-ville des communes de Saint-Nazaire et de La Baule (44) ont été inondés et des commerces et habitations ont subi des dommages. Dans le Loir-et-Cher à Bagneux (41), plusieurs maisons ont été inondées par 20 cm d’eau. À Grand-Quevilly (76), plusieurs magasins de la zone commerciale ont dû être évacués en raison des inondations. Les rues de Rouen (76) et de Bernay (27) ont été également inondées. Dans la Somme à Doullens (80), une quarantaine de maisons ont été envahies par 80 cm d’eau. À Lille (59), une partie de la ligne de métro a été paralysée et le trafic SNCF a été interrompu. Au total dans le Nord-Pas-de-Calais, les pompiers sont intervenus plus de 850 fois. En Lorraine, le débordement de l’Orne a inondé plusieurs habitations à Briey (55) et des centaines d’habitants ont été évacués. La circulation des trains a été fortement perturbée entre Thionville et le Luxembourg en Moselle (57). Le réseau routier n’a pas été épargné avec de nombreuses routes de la région coupées lors des intempéries.

L’évènement le plus significatif en termes de dommages est celui qui a affecté le bassin versant de la Seine. La période de retour d’un tel événement sur la station Paris-Austerlitz est estimée à 10-20 ans, d’après son débit (supérieur à 1600 m3/sec) et les courbes de fréquences issues de la Banque Hydro du Ministère de l’Environnement. Sur le Loing, les hauteurs d’eau de la grande crue de 1910 ont été dépassées. A Montargis les hauteurs ont atteint leur maximum à 3,45 m le 1er juin. À Nemours, une des communes les plus sinistrées, le Loing a atteint 4,63 m surpassant de 38 cm le niveau de 1910. Les niveaux du Loing mesurés lors de l’événement s’expliquent par l’apport de milliers de mètres cubes d’eau, résultat d’une importante brèche formée dans le canal de Briare. Celui-ci a été construit dans la vallée du Loing et longe le cours d’eau sur des dizaines de kilomètres. Dans le bassin Parisien, l’Yerres et l’Yvette ont également connu des niveaux d’eau remarquables. A la confluence entre l’Yerres et la Seine à Villeneuve Saint-Georges et Villeneuve-le-Roi (94), les débordements ont causé de nombreux dommages. Dans les départements de Seine-et- Marne et des Yvelines, la crue de la Seine a causé des dommages importants. Les communes de Nemours, Montargis, Melun et Longjumeau figurent parmi les plus sinistrées. Des dysfonctionnements ont également été observés avec des interruptions dans les réseaux de communication. À Orléans, l’autoroute A10 a été inondée et à Paris le trafic du RER C intra-muros a été interrompu pendant la crue. Des niveaux historiques plus ont été atteints sur certains cours d’eau comme le Cher à Tours, occasionnant de nombreux dommages comme à Bourges (18), à Vierzon (18) ou à Noyers-sur-Cher (41). En tout, près de 20 000 personnes ont été déplacées durant ces inondations et de nombreuses maisons ont dû être évacuées. Selon les bases de données de CCR, les intempéries des mois de mai et juin 2016 ont causé près de 38 000 sinistres dus au péril inondation, dont 34 000 pour les risques de particuliers et 6000 pour les risques professionnels (sinistres géolocalisés à l’adresse et à la rue).

Les autres affluents de la Seine ont également été en crue mais les niveaux sont restés modérés. En effet, la Marne a connu une faible crue avec un niveau inférieur de 3 m par rapport à 1910 à Gournay-sur-Marne (93). L’Yonne a atteint un niveau équivalent à celui de mai 2013, ce qui reste modéré. En aval de Paris, l’Oise a également subi une crue modérée, bien en dessous des niveaux de 2001 à Pontoise. A Paris, la Seine a atteint son niveau le plus important depuis 1982 avec 6,10 m à Paris-Austerlitz selon le SPC Seine Moyenne dans la nuit du 4 juin 2016. Si le seuil des 6 mètres a été dépassé dans Paris intra-muros, le niveau n’a pas a atteint le seuil de débordement et se situe à 2,52 m en-dessous du niveau de 1910 . À Noter que les lac-réservoirs situés en amont ont joué un rôle important dans la gestion du pic de crue. Dans le bassin versant de la Seine, Grands Lacs ont permis de stocker plus de 30 millions de mètres cubes d’eau. D’après l’ETPB Seine Grands Lacs, les lacs réservoirs ont permis une baisse des hauteurs d’eau d’environ 5 cm la station hydrométrique de Paris-Austerlitz. Les bénéfices des Grands Lacs ont été assez limités par rapport au coût global de l’inondation - En effet, la plupart des dommages ont été constatés sur des affluents de la Seine non protégés par les lacs-réservoirs.

  • Près de 38 000 sinistres (34 000 risques particuliers, 6000 risques professionnels)
  • Inondations d’habitations et de caves
  • Entreprises et Zones d’Activités inondées
  • Centre-ville inondé à Nantes, La Baule, Nemours, Montargis
  • Commerces inondées à Bernay (27), Rouen (76)
  • Brèche au canal de Briare dans la vallée du Loing (77)
  • Près de 20000 personnes évacuées
  • Nombreuses interventions de pompiers dans les départements concernés (850 dans le Nord-Pas-de-Calais)
  • Interruptions des voies de communications (notamment le RER C à Paris
  • métro et réseau SNCF à Lille)

Romorantin-Lanthenay (41)

Gidy (45)

Montargis (45)

Orléans (45)

Paris (75)

Bagneaux-sur-Loing (77)

Nemours (77)

Saint-Pierre-lès-Nemours (77)

Souppes-sur-Loing (77)

Villeneuve-Saint-Georges (94)

1 Md€ (mise à jour le : 04/02/2020)

Cout par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 2161

Communes reconnues en 굡t de catastrophes naturelle

Météo-France, Predict, Catastrophes-Naturelles.net, Presse régionale et nationale