CYCLONE IRMA

Mise à jour le 08/03/2018


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Le cyclone Irma de catégorie 5 a touché les Antilles françaises entre le 5 et 7 septembre 2017 et en particulier les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. En raison de rafales de vent supérieures à 300 km/h, les deux îles ont subi de très importants dommages. L’ouragan IRMA s´est caractérisé par une puissance qui n´a pas été observée dans la région Atlantique-Nord depuis près de 30 ans.

Date de début
05/09/2017
Date de fin
07/09/2017


Départements concernés
Guadeloupe (971), Saint-Barthélémy (977), Saint-Martin (978)

 

Caractérisation et chronologie de l’événement

Les départements des Antilles françaises sont particulièrement exposés aux ouragans. Si le dernier événement marquant a été Dean en 2007, la région avait déjà connu des phénomènes violents avec Luis en 1995 (catégorie 4 sur les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy), Hugo en 1989 (Catégorie 4 sur la Guadeloupe) ou encore le cyclone non nommé de 1928 (Catégorie 4 sur la Guadeloupe). Il faut pourtant remonter à 1891 pour trouver la trace de dommages correspondants à un cyclone de catégorie 5 dans un département français de cette région selon la reconstruction chronologique réalisée par CCR (Desarthe, 2014).

Après le passage du cyclone Harvey entre 17 août et le 2 septembre 2017, les Caraïbes connaissent avec Irma le second ouragan majeur de la saison cyclonique. Dans la journée du 31 août, la tempête tropicale Irma atteint le stade d’ouragan au moment où les vents moyens dépassent 118km/h. Il se trouve alors à près de 3 000 km des Antilles et se déplace selon les rapports du National Hurricane Center de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) à 17 km/h vers l’ouest. Le dimanche 3 septembre, alors que le cyclone se trouve à 1 300 km à l´est de la Martinique, les îles françaises des Antilles sont placées en alerte jaune. Le lendemain, le cyclone continue de gagner en puissance et passe en catégorie 4 en fin d’après-midi. Il se trouve alors à 790 km des Antilles et se déplace à 20 km/h. À mesure que le cyclone progresse, sa puissance se renforce, atteignant la catégorie 5 – la plus élevée de l’échelle Saffir-Simpson – le 5 septembre. En conséquence, la vigilance violette - le plus haut niveau pour ce type de phénomène - est activée pour les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. La Guadeloupe et la Martinique sont maintenues en vigilance rouge.

Le 6 septembre, vers minuit (heure locale), le cyclone se trouve à 80 km à l´est d’Antigua et à environ 115 km de la Désirade (Guadeloupe). Les rafales de vent dépassent les 300 km/h et la pression au centre de l’ouragan est estimée à 916 hPa. Avant son passage sur Saint-Martin, une rafale de 360 km/h est mesurée en mer. Selon les services météorologiques français et américains, il faut remonter au cyclone Gilbert en 1988, qui était passé au sud des Antilles françaises pour trouver trace de vitesses de vents similaires. Les effets de l’ouragan commencent à se faire sentir sur les îles du nord, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy, à 3h du matin (heure locale) avec des vents d’environ 130 km/h. L´œil du cyclone traverse ces îles en milieu de journée. Sous l´effet des rafales de vent, les instruments d’observations des différentes stations ont cessé de fonctionner lors du passage du cyclone et la dernière mesure enregistrée est de 244 km/h à Gustavia. Météo-France estime pour sa part que les rafales ont dépassé les 300 km/h.

L’ouragan Irma s´est caractérisé par une puissance qui n´a pas été observée dans la région Atlantique Nord depuis près de 30 ans. Il a battu le record mondial pour la durée de ses vents soutenus qui ont été supérieurs à 297 km/h pendant 33 h contre 24 h pour le précédent record détenu par le typhon Haiyan en 2013.

 

Les conséquences du phénomène

Avec plus de 10 morts et de nombreux blessés à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, le bilan humain de l’ouragan Irma est particulièrement lourd. Au total, son passage aura causé la mort de près de 40 personnes dans l’ensemble du bassin caribéen.

Les vents ont été à l´origine de dommages sévères avec la destruction des nombreuses maisons dont une grande partie est construite en bois. Si les bâtiments anticycloniques semblent avoir mieux résisté, nombre d’entre eux ont vu leur toiture endommagée. En raison de la faible pression atmosphérique au moment du passage du cyclone, plusieurs habitations ont eu leurs vitres anti-cycloniques explosées. Ce faisant, peu de bâtiments semblent avoir été épargnés par le vent, la pluie ou les inondations. Parmi les principaux édifices touchés se trouvent la préfecture de Saint-Martin dont le toit a été emporté ou encore l’hôpital qui a subi d’importants dommages. De nombreux établissements scolaires ont été affectés et au 13 septembre, seuls trois d’entre eux sont en mesure d’accueillir des élèves.

Le cyclone a également détruit une grande partie du réseau électrique et endommagé les deux principales centrales électriques. Au 11 septembre, le courant était revenu pour 3 500 des 24 000 abonnés que compte l’île de Saint-Martin. La remise en état complète du réseau devrait prendre plusieurs mois. Si les communications avec les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont été rétablies dès le 7 septembre, le réseau a particulièrement souffert. Ainsi, 16 des 17 antennes relais de Saint-Martin et 10 des 11 de Saint-Barthélemy sont hors-service. L’aéroport de Saint-Martin situé sur la partie néerlandaise de l´île a également été touché. Le vent a en partie détruit la couverture de l’édifice et les précipitations ont inondé l’intérieur.

Outre les dommages causés par le vent, le cyclone s’est accompagné d’une forte houle avec des vagues dont les creux de 10 à 15 m ont été observés au large. Sous l´effet conjoint de la houle et de la surcote atmosphérique liée à la chute de la pression, les parties basses du littoral de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ont été submergées affectant de nombreuses habitations. La submersion a atteint par endroit un peu plus de deux mètres d’eau. À Saint-Barthélemy, la caserne des pompiers s’est trouvée inondée par 1 mètre d’eau. Le rez-de-chaussée de plusieurs hôtels situés à proximité des plages a été submergé. De plus, au regard des premières images satellites et de la puissance du phénomène, le parc automobile, particulièrement vulnérable lors de ce type d’évènement, semble avoir été touché de manière importante. Les nombreux bateaux de plaisance présents se sont parfois trouvés projetés à l’intérieur des terres comme à Marigot.

De plus, la destruction partielle des usines de désalinisation va rendre difficile l’accès des populations à l’eau potable. La destruction du réseau d´eau va accentuer les difficultés et retarder d’autant plus la reprise du fonctionnement.

Au total, l´île de Saint-Martin semble avoir le plus souffert. Selon les estimations réalisées par le Service régional de traitement d’image et de télédétection (Sertit), près de la moitié des bâtiments ont été endommagés sur l’île de Saint-Martin. A Saint-Barthélemy, environ 15% des bâtiments ont été endommagés. Après le passage de l´ouragan, de nombreuses scènes de pillages ont été observées comme ce fut le cas en Guadeloupe en 1928 ou aux États-Unis après le passage de Sandy en 2012.

  • 11 morts et de nombreux blessés à Saint-Martin
  • Nombreux hôtels endommagés
  • Aéroport Juliana à Saint-Martin endommagé (partie néerlandaise)
  • Édifices publics endommagés ou détruits
  • Nombreuses maisons détruites ou endommagées
  • Plusieurs centaines de personnes sans abri
  • Destruction des réseaux d’énergie et de communications

Saint-Barthélemy (977)

Saint-Martin (978)

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 2

  • Météo-France
  • Keraunos
  • La Chaine Météo
  • Prédict
  • Sertit
  • Presse quotidienne régionale et nationale
  • Conférence de presse du Premier ministre Édouard Philippe, le 11 septembre 2017 à Matignon
  • Desarthe J., « Ouragans et submersions dans les Antilles Françaises (XVIIe – XXe siècle) », Étude caribéenne, n°29, 2014, DOI : 10.4000/etudescaribeennes.7176

Arrêtés Cat Nat associés