Orages du Var de juin 2010

Mise à jour le 21/05/2018


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Un épisode orageux d’une intensité exceptionnelle a durement touché le département du Var le mardi 15 juin 2010. Des lames d’eau diluviennes ont été enregistrées sur le centre Var, entre Draguignan, Les Arcs et Le Luc, en Provence. Il est tombé l’équivalent de 6 mois de précipitations en quelques heures. Les phénomènes de ruissellement, couplés à des crues d’une ampleur historique, ont causé des inondations catastrophiques sur une partie significative du département et le décès de 23 personnes.
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Dommages assurés hors automobile

Date de début
15/06/2010
Date de fin
16/06/2010

Cours d'eau ayant débordé
Le Gapeau, La Naturby, Le Réal, Le Buëch, La Durance, Le Préconil, La Giscle

Pluviométrie maximale
57.0 mm en 1h
399.0 mm en 24 h


Départements concernés
Alpes-de-Haute-Provence (04), Var (83)

 

LE PHENOMENE METEOROLOGIQUE : 

Il s’agit d’une situation exceptionnelle en cette époque de l’année, mais caractéristique du domaine méditerranéen. Généralement, les pluies de type « cévenol » se produisent en automne, lorsque la différence de température entre la mer encore chaude et la haute atmosphère qui se refroidit est maximale. Cette fois-ci, nous avons affaire à un épisode pluvieux d’une rare violence qui se déroule en trois vagues orageuses successives sur les mêmes régions.

Dès le 14 juin, une zone de basses pressions se creuse de l´Angleterre à l´Algérie. Au sein de cet ensemble, une dépression positionnée à proximité de Bordeaux migre le mardi 15 juin sur le nord de l´Espagne. Ce système génère l’arrivée d’air frais par l’ouest, dans le Golfe du Lion, formant un front froid quasi stationnaire au contact de l’air chaud présent à l’avant, plus à l’est : ainsi le mardi 15 juin, on relève 19°C à Perpignan contre 29°C à Ajaccio.
L´épisode se compose pour l´essentiel de trois vagues pluvio-orageuses successives, la première concerne la Corse dans la nuit du 14 au 15 juin, où de fortes pluies accompagnées d´orages balaient l´île.

Le 15 juin, dès le matin, une seconde vague pluvio-orageuse remonte à nouveau de la mer et affecte l´arc méditerranéen, et plus particulièrement le Var. Parallèlement, un creusement dépressionnaire secondaire entre les Baléares et la Corse induit progressivement une rotation du vent au sud-est et un apport de masses d’air chaudes et humides maritimes sur le littoral méditerranéen. Dès lors, des pluies orageuses persistantes se déclenchent sur ces régions, sous la forme notamment d´un amas orageux stationnaire qui engendre des lames d'eau remarquables sur l´intérieur du Var. Ce premier passage pluvio-orageux très actif affecte surtout un axe Hyères-Carnoules.

Tout au long de la journée de mardi et jusque dans la nuit, ces fortes précipitations orageuses concernent le département du Var avec des cumuls qui ont pulvérisé tous les records à cette période de l´année et même parfois tous mois confondus. Les pluies, toujours intenses, s’ajoutent aux lames d’eau du matin : les cumuls deviennent exceptionnels.

Enfin, mardi soir, la troisième et dernière ligne orageuse virulente se rabat sur les mêmes régions par le sud. Particulièrement dynamique et accentuée par l’apport en humidité lié au vent d’Est, elle occasionne la formation de nouveaux orages très pluvieux du Var jusqu´aux Cévennes, responsable de la saturation des sols et du déferlement des crues éclairs. Vigicrues indique dans son bulletin de 19h que "Certaines rivières sont susceptibles d´atteindre des niveaux tout à fait inhabituels, voire exceptionnels, en particulier dans le département du Var".

Ces violentes pluies orageuses sont donc caractérisées par leur très forte intensité horaire, leur persistance ainsi que par leur soudaineté. Il n’est tombé que 10 mm entre 11 et 12h contre 4 fois plus entre 12h et 13h. Ainsi pour la région des Arcs, après les pluies faibles de la matinée, les précipitations se sont nettement renforcées entre 12 et 13h avec près de 45mm en 1 h. Ensuite jusqu’à 20h, soit pendant 7h, il est tombé en moyenne 40 mm par heure avec parfois des intensités horaires jusqu’à près de 50 mm (entre 19 et 20h). En résumé, il est tombé en 24 h près de la moitié des pluies annuelles mais surtout 30 % en 8h. Pour la ville d’Hyères, avec 200 mm de précipitations cumulés, c´est un record de pluviométrie qui est battu. il n´avait jamais autant plu en une journée. Le dernier record datait du 2 octobre 1973 avec 152 mm. 


LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

Le Var est traversé par de nombreux cours d´eau, dont beaucoup sont de petits fleuves côtiers. Certains de ces cours d´eau demeurent peu connus en termes d´historique hydrologique. Globalement, l´ensemble du réseau hydrologique du département a été soumis à de très fortes précipitations. La partie est du département a davantage été concernée. Ainsi, le Gapeau, prenant sa source sur le Massif de la Saint Baume, n'a connu une crue que dans sa partie aval (à Hyères). La Nartuby, affluent de l´Argens, traversant Draguignan, a connu une crue historique, jamais vue depuis 1827 selon les habitants locaux. Le Réal, ruisseau traversant les Arcs (où 400 mm de précipitation ont été relevés) a généré une coulée de boue absolument exceptionnelle, emportant tout sur son passage.

Le Buëch à Serres (Hautes Alpes), la Durance amont et l´Huveaune à Aubagne ont connu des réactions plus ou moins fortes. Le Buëch s´est dangereusement approché de sa crue présumée décennale en fin de journée, alimentant les débits de la Durance, dont le bassin a été soumis à d´intenses précipitations. La Durance, sur la station de Salignes, a atteint un débit de 800 m3/s, ce qui correspond à une crue relativement classique.

Les précipitations les plus fortes se sont concentrées sur une zone très réduite, à un endroit où la disposition du terrain facilite la concentration du ruissellement. Les habitants de Draguignan décrivent une arrivée d´eau très puissante et très brutale vers 17 h 30. C’est une dynamique très rapide qui conjugue un ruissellement intense sur le lit des cours d’eau et un phénomène de saturation. Quand les sols sont complètement gorgés d´eau, tout ruisselle et le sol ne retient plus rien.

Circonstance potentiellement aggravante, ce type d´épisode est intervenu à une période inhabituelle : les crues dites "cévenoles" se produisent en général à l´automne, parfois au début du printemps. Ce facteur pourrait avoir amplifié les inondations : en juin, la terre est plus humide et donc plus vite saturée.

La densité du réseau de drainage, élevée dans cette zone, ainsi qu’un relief caractérisé par des pentes importantes, additionnés à la pauvreté des sols méditerranéens, expliquent, au-delà des cumuls enregistrés, les réactions exceptionnelles des cours d’eau.
La nature des sols a également un impact fort sur le comportement des eaux. Etant donné la forte teneur en éléments calcaires des sols du secteur, il est possible qu´une partie provienne de la résurgence rapide de l´eau issue de la circulation souterraine. Ce type de sol très fissuré et fracturé de type « karstique » peut avoir un effet tampon ou un effet accélérateur, concurrent de la décrue, suivant la dynamique de circulation souterraine.

  • 23 victimes
  • Crue éclair, coulées de boue
  • Dégâts majeurs en zones urbaines
  • Plus de 100 000 foyers privés d’électricité
  • Des dizaines de voitures emportées par les ruissellements torrentiels
  • Routes coupées
  • Aéroport de Toulon-Hyères fermé temporairement
  • Trafic SNCF interrompu entre Toulon et Nice
  • Infrastructures lourdement touchées (réseaux aériens et d’eau potable, électricité et téléphone)

Les Arcs (83)

Draguignan (83)

Fréjus (83)

Hyères (83)

Lorgues (83)

Le Muy (83)

Puget-sur-Argens (83)

Roquebrune-sur-Argens (83)

Trans-en-Provence (83)

Vidauban (83)

450 M€ (mise à jour le : 18/01/2016)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 61

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés