Inondations du Centre-Est de la France en novembre 2008

Mise à jour le 21/05/2018


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Entre le 31 octobre et le 5 novembre 2008, un épisode pluvio-orageux majeur, durable et de grande ampleur géographique se met en place sur un large tiers Centre-Est et Sud-Est de la France. Pendant plus de 3 jours, les cumuls pluviométriques sont exceptionnels notamment sur le Massif-Central, dont tous les cours d’eau issus des divers bassins versants entrent en crue. Face à cette situation exceptionnelle, plusieurs départements sont placés en Vigilance maximale Rouge lors de cet événement.
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Date de début
01/11/2008
Date de fin
06/11/2008

Cours d'eau ayant débordé
Le Tarn (crue exceptionnelle : pour le Tarn amont, en Lozère, il s’agirait de la plus forte crue depuis 1948 voire même de la plus forte depuis le début du XXème siècle)., Ardèche, Allier, Dore, Orb, Tarn, Loire, Aveyron, Rhône, Saône et les Gardons qui descendent des Cévennes

Pluviométrie maximale
71.0 mm en 1h
428.0 mm en 24 h


Départements concernés
Ain (01), Allier (03), Ardèche (07), Gard (30), Haute-Corse (2B), Haute-Loire (43) ...

 

PHENOMENE METEOROLOGIQUE :

Il s’agit ici d’un épisode cévenol intense et d’une étendue géographique remarquable, dépassant largement le cadre des Cévennes. Une dépression située sur l’Espagne génère un flux de sud est en provenance de la Méditerranée. L’air chargé d’humidité se refroidi en s’élevant au-dessus des reliefs (effet orographique au contact des Cévennes), entrainant des précipitations importantes sur ces régions. Lors de cet évènement de novembre 2008, la durée et l’extension spatiale des pluies est exceptionnel, conduisant alors à des crues remarquables.

Dès le jeudi 30 octobre, une dépression évolue près des régions atlantiques, se dirigeant progressivement vers le sud. L´évolution ultérieure de cette dépression, chargée d’air froid, est de remonter sur le centre de la France.

Par conséquent, toutes les régions situées à proximité immédiate de la dépression d´altitude, à l´est et au nord-est de celle-ci, ont subi de perpétuelles remontées d´air plus chaud et humidifié par la Méditerranée. C’est un contexte météorologique qui se prête au déclenchement d´épisodes pluvieux très conséquents et répétitifs dans le midi, en particulier de Midi-Pyrénées au Languedoc-Roussillon et à la région PACA. Avec un vent orienté au secteur sud-est, le relief cévenol est particulièrement exposé aux importants cumuls pluviométrique, et ce sur 3 à 5 jours.

Chronologiquement, un premier épisode intéresse le sud-est du pays entre vendredi et samedi. La région PACA, la vallée du Rhône, le Massif-central et en particulier les Cévennes, étant les plus exposés. Le lent décalage de la zone dépressionnaire vers l’est permet l’extension des pluies orageuses vers la région PACA puis la Corse entre le mardi et le vendredi.

Dès le vendredi 31 octobre, le front pluvieux s´étire de la vallée du Rhône et des Cévennes à la Franche-Comté et à l´Alsace, avec des précipitations faibles à modérées en général, mais plus soutenues en descendant vers le sud

Le samedi 1er novembre, les pluies perdurent sur les reliefs cévenols et se renforcent. Les rivières (Hérault, Tarn, Ardèche...) descendant de ces montagnes et leurs affluents entrent alors en crue. A noter aussi les très fortes rafales de Sud sur les sommets : 167 km/h relevés au Mont Aigoual (1567 m).

Les précipitations continuent d´arroser les Cévennes et des postes pluviométriques relèvent des valeurs dépassant les 100 mm depuis le début de l´épisode pluvieux.

Sur le département du Gard, la Lozère (Est) et le Nord de l´Hérault, quelques violents orages se développent avec des intensités supérieures à 100 mm d’eau par heure. Ainsi, il est encore tombé de 100 à 120 mm sur les Cévennes ardéchoises, et ponctuellement jusqu´à 190 mm en 24 heures. On relève même 222 m à Barnas dans l´Ardèche depuis le début de l´épisode et 209 mm à Villefort en Lozère sur les dernières 24h.

Le samedi soir, des orages commencent à se manifester du bassin alésien aux Cévennes ardéchoises avec de très fortes intensités pluviométriques locales (intensités supérieures à 300mm/h). Les cellules circulent rapidement mais compte tenu de l´état de saturation des sols, des ruissellements importants ont lieu en peu de temps. Les rivières du secteur poursuivent leurs crues.

Dans la nuit du samedi au dimanche, les pluies abondantes remontent sur le lyonnais et le sud de la Bourgogne.

Le dimanche 2 novembre, une ligne orageuse se forme du littoral héraultais jusque sur l´Ardèche en passant par le nord-ouest du Gard avec de très fortes précipitations. A l´avant quelques cellules se forment entre l´Hérault et le Gard avec déjà des intensités supérieures à 200mm/h.

Ces pluies vont se rajouter à celles déjà tombée : le cumul à Mayres (07) atteint les 417 mm à 23h30, alors que les pluies diluviennes accompagnées d´orages s´abattent encore dans le secteur.

En remontant vers le lyonnais et l´ouest de l´Auvergne, les cumuls sont moins importants mais les pluies gardent un aspect continue et modérée.

L´Allier est alors placé en vigilance orange (la crue de 1996 est dépassée) ainsi que l´Ardèche, où à Voguë, la hauteur augment et se rapproche de la crue de décembre 2003 à 5.56m.

Tout au long de la journée, les mêmes secteurs sont toujours concernés par des pluies diluviennes et la situation devient critique par endroits. A Villefort au pied du Mont Lozère il est tombé 99 mm sur les trois dernières heures, plus de 416 mm sur les dernières 24 heures.

Il s´agit de valeurs rarement atteintes même dans ces secteurs habitués aux paroxysmes orageux cévenols.

Dans le même temps, la Loire amont connait une crue rare, de période de retour de 20 ans.

Les nouveaux cumuls de ce dimanche sur les 12 dernières heures atteignent 150 à 210 mm sur les Cévennes, 70 à 120 mm sur l’est Haute-Loire, 50 à 90 mm sur Loire et Rhône (précipitations moyennes d’un mois). Sur les Cévennes ardéchoises, les cumuls atteignent 200 à 320 mm sur 24 heures et 300 à 420 mm en 48 heures (ce qu’il tombe à Lyon en 6 mois).

En cours de journée, la carte Vigicrues place 10 cours d´eau en vigilance orange. Il s´agit de l´Hérault, la Loire, l´Allier, l´Ardèche, Baume-Chassezac, Cèze Amont, Gardon d´Alès, Gardon d´Anduze Tarn Amont et Dore. Il existe donc un risque de crue génératrice de débordements importants susceptibles d’avoir un impact significatif sur la vie collective et la sécurité des biens et des personnes.

L´axe pluvio-orageux principal, avec des intensités de précipitations supérieures à 300 mm/h, s’étend de Narbonne à Albi, remontant vers le nord et vers les Bouches du Rhône.

Les fortes averses formées sur le Var se sont nettement intensifiées et gagnent vers le nord-est (Alpes de Haute-Provence).

Le dimanche 2 novembre à 16h00, en raison d´un risque de crue majeure, Vigicrues et Météo-France placent en vigilance rouge les départements de la Loire, la Haute-Loire, l´Allier, la Saône et Loire et la Nièvre.

En soirée, un léger redressement de la ligne pluvio-orageuse s´opère et les plus fortes précipitations s´abattent d´Aubagne jusque sur l´Ardèche, remontant ensuite sur le Cantal où les pluies sont bien compactes.

Ces pluies et orages sont accompagnés de rafales de vent proche des 100km/h (98km/h à la station de Marseille-Marignane).

De nouvelles averses orageuses remontent d´Espagne en direction des Pyrénées-Orientales. Après une accalmie, une activité pluvio-orageuse sous forme de cellule reprend sur l´Hérault. Le panache de précipitations, avec des intensités de 10 à 15 mm/h, s´étend désormais jusqu´à Clermont Ferrand, couvrant donc depuis plusieurs heures et de nouveau les têtes de bassin de l´Allier de la Loire.

Les pluies orageuses ont gagné les départements alpins (Alpes de Haute Provence, Hautes-Alpes, Isère) et persistent sur le Var, l´est du Vaucluse, la Drôme, le nord Ardèche jusque sur la Loire. Les pluies sont souvent soutenues mais sans avoir la violence des dernières heures. Les cellules les plus fortes concernent principalement le Var et les Alpes-Maritimes.

Le lundi 3 novembre, une nouvelle zone pluvio-orageuse active remontant de Méditerranée touche les Bouches-du-Rhône et plus particulièrement la région marseillaise.

Les départements du Var et des Alpes-Maritimes ont été privés en totalité d’alimentation en électricité, ces deux départements dépendants d’une ligne unique traversant la Provence intérieure. Toute la journée, de nombreuses averses se déversent sur les départements situés à l’est du Rhône.

Le mardi 4 novembre, la vigilance relative aux orages est toujours d’actualité sur les 2 départements corses.

Le mardi 4 novembre après-midi, la situation se dégrade de nouveau sérieusement sur les régions méditerranéennes. D’une part en Corse, sur la côte orientale, où de puissants orages circulant dans la Mer Tyrrhénienne et remontant plein nord débordent sur la Corse, donnant par exemple plus de 70 mm à Solenzara en 1h, entre 11h et 12h. Des inondations localisées sont alors signalées au sud de Bastia, et des routes sont coupées. Les cumuls de précipitations sont plus importants sur la côte Est de l’île où en 6h, on relève 86mm à Bastia et 41mm à Alistro. Depuis le début de l’épisode, des cumuls supérieurs à 100mm sont à noter sur la bordure littorale occidentale de la Haute-Corse. En détail il est tombé 126mm à Bastia et 128mm à Solenzara.

Enfin, le mercredi 5 novembre, des pluies marquées concernent encore l’Ardèche et les Cévennes en général, tandis que de nouveaux orages remontent de Méditerranée et concernent surtout les départements du Var et des Alpes-Maritimes. En 24h, les cumuls de précipitations affichent 124.6mm à Bastia (2B), 42.6mm à Ajaccio (2A), 45.4mm à St Mandrier (83) et 66.6mm à Montpellier (34).

 

LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

Provoquées par de forts contrastes thermiques entre les eaux tièdes de la mer et les premières descentes d’air froid arctique sur la France, les pluies orageuses sont souvent responsables de crues et d’inondations redoutées sur les Cévennes ainsi que sur la région PACA et la Corse.

En novembre 2008, l’évènement météorologique est exceptionnel en raison de sa durée et de son extension géographique. Non seulement de forts orages affectent le pourtour méditerranéen, mais les pluies torrentielles remontent jusque sur le Massif-central, la Franche-Comté et la région Rhône-Alpes sous l’impulsion d’une dépression inhabituellement stationnaire sur la péninsule ibérique. La conjonction de ces pluies et orages intenses et persistants pendant près de 5 jours aboutit à des crues sévères des cours d’eau descendant du Massif-Central et des Cévennes. Ce phénomène concoure à une montée des eaux exceptionnelle sur chaque bassin versant : à la fois en direction de l’ouest (Tarn, Aveyron), du nord (la Loire, l’Allier), de l’est (Saône, Rhône), que de la Méditerranée (Rhône Aval, gardons ainsi que les cours d’eau de Provence et de la Corse).

Le Tarn, l´Allier et la Loire ont affiché dans leur tête de bassin respective des cotes supérieures à celles relevées pendant l´épisode de décembre 2003. Dans ce contexte, le dimanche 2 novembre, Vigicrues et Météo-France placent en vigilance rouge les départements de la Loire, la Haute-Loire, l´Allier, la Saône et Loire et la Nièvre en raison d´un risque de crue majeure. Vigicrue informe que la crue de période de retour est cinquantennale sur la Loire bourguignonne et vicennale sur l´Allier amont. L´intensité de la crue sur l´Allier est comparable à celle de novembre 1994.Sur la Dore, affluent de l’Allier, la crue est supérieure à la crue décennale. Il s’agit d’une rrue majeure de type cévenol sur la Loire amont avec propagation en Loire bourguignonne, atténuée sur ce tronçon par l´intervention du barrage de Villerest. La période de retour a été estimée supérieure à 20 ans (crue supérieure à celles de novembre 1996 et décembre 2003 : source : Vigicrues).

La genèse des crues sur les cours d’eau du Massif-Central est particulière et dépend d’un seuil de saturation des sols: même sous de fortes intensités (fréquentes ici, tant lors des orages estivaux que lors des épisodes cévenols), il n’y a jamais d’apparition d’un ruissellement de type torrentiel. Si les précipitations sont suffisantes pour que les formations superficielles soient saturées, c’est l’ensemble du versant qui ne peut absorber les précipitations. Ainsi, dès le seuil franchi, toute l’eau qui tombe est écoulée. On assiste donc à une montée des eaux soudaine. Dès que la pluie cesse, le débit baisse aussi vite. Tant que le seuil n’est pas atteint, et même si les pluies sont conséquentes, les cours d’eau ne réagissent pas (des orages estivaux donnant plus de 100 mm en quelques heures ne provoquent pas de hausse conséquente du niveau des cours d’eau). En revanche, lorsqu’il est franchi, la crue est brutale.

C’est ainsi que les premières pluies automnales même fortes n’ont quasiment aucun effet sur les cours d’eau et qu’inversement des épisodes de moindre intensité mais survenant après une période humide peuvent provoquer des crues.

  • Crues majeures ayant entrainé des inondations en milieu urbain et rural -
  • Routes coupées et trafic SNCF perturbé -
  • Inondations et dégâts aux exploitations agricoles et aux cultures
  • Ruissellement torrentiel
  • Coulées de boue
  • Éboulements
  • Dégâts aux habitations, commerces et industries

Biguglia (2B)

Andrézieux-Bouthéon (42)

Rive-de-Gier (42)

Saint-Cyprien (42)

Brives-Charensac (43)

Saint-Germain-Laprade (43)

L'Arbresle (69)

Gleizé (69)

Sain-Bel (69)

Villefranche-sur-Saône (69)

130 M€ (mise à jour le : 18/01/2016)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 583

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés