Inondations de Meurthe-et-Moselle en octobre 2006

Mise à jour le 21/05/2018


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Le mois de septembre 2006 est marqué par de fortes perturbations océaniques générant des cumuls pluviométriques largement excédentaires (environ deux fois la normale) sur un axe allant du sud-ouest au nord-est. L’épisode de ce début octobre a apporté l’équivalente d’un mois de précipitation, responsable des débordements généralisés. Entre le 17 septembre et le 3 octobre 2006, les totaux pluviométriques atteignent sur le Bas-Rhin: 306 mm à Belmont, et sur les Vosges: 327 mm à Girancourt. Le niveau maximal « rouge » de vigilance crue est alors déclenché pour la première fois depuis la mise en service du système « Vigicrues.
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Dommages assurés hors automobile

Date de début
30/09/2006
Date de fin
07/10/2006

Cours d'eau ayant débordé
la Moselle, la Meurthe, la Mortagne, la Vezouze, le Madon, la Sarre, la Saône Amont

Pluviométrie maximale
23 mm en 1h
121 mm en 24 h


Départements concernés
Bas-Rhin (67), Doubs (25), Haute-Marne (52), Haute-Saône (70), Haut-Rhin (68), Jura (39) ...

 

LE PHENOMENE METEOROLOGIQUE :

Dès le début septembre, la circulation atmosphérique est généralement orientée au sud-ouest, ce qui maintient un temps chaud. Ainsi, les régions de l’est de la France connaissent déjà de forts orages avec des précipitations atteignant 100 mm à Strasbourg (pour une moyenne statistique de 50 mm), localement 170 mm sur la Moselle et plus de 200 mm sur les Vosges. A la fin du mois, une dépression alimentée par de l´air tropical se creuse dans le golfe de Gascogne. Cette dépression est propulsée par un puissant courant jet et traverse tout le pays, du sud-ouest vers le nord-est, générant une tempête dans l’ouest de la France.

Avec le lent déplacement de cette dépression sur les îles britanniques, une nouvelle perturbation ondule du sud-ouest au nord-est de la France, apportant pendant 2 jours des pluies fortes et régulières les 2 et 3 octobre : il tombe souvent entre 50 et 100 mm en 24 h. Ainsi, on relève à Strasbourg 45 mm le 2 octobre puis encore 41 mm le 3. A Nancy : 34 mm puis 36 mm. Sur les hauteurs des Vosges et les plateaux lorrains, les cumuls sont compris entre 100 et 160 mm en ces premiers jours d’octobre, avec au final des valeurs proches de 200 mm entre fin septembre et début octobre.

Dès la nuit du 2 au 3 octobre, la pluie tombe de manière continue des Pays de la Loire et du Poitou à la Bourgogne et à la Lorraine. Les pluies les plus fortes se produisent en Bourgogne et en Lorraine où quelques impacts de foudre sont détectés. Les cumuls sont réguliers, de l’ordre de 20 mm en 6 heures.

Le 3 au matin, le temps reste très agité. La pluie tombait de manière régulière ou continue en Bourgogne, Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace, Franche-Comté et dans le Nord de Rhône-Alpes. Les cumuls pluviométriques sur 24h s´élèvent à: 45 mm à Strasbourg-Entzheim (67), 42 mm à Epinal (88), 35 mm à Nevers (58), et 34 mm à Nancy (54).

Ainsi, les cours d´eau gonflent rapidement dans le Nord-Est, suite à ces précipitations abondantes. Des débordements importants se déclenchent, notamment pour la Meurthe à Baccarat et la Mortagne à Gerbéviller (en Vigilance orange par le service national des crues, en raison d’un risque de crue génératrice de débordements importants).

Dès le 3 octobre, 5 tronçons hydrologiques sont placés en niveau orange. Les cartes établies par le service des crues montrent alors que les crues les plus fortes concernent la Mortagne et la Meurthe amont: l’on assiste à une crue historique sur la Mortagne de l´ordre de celles de décembre 1947 et d’avril 1983 (durée de retour supérieure à 50 ans).

En cours de journée, la zone fortement pluvieuse s´étire des Alpes à l´Alsace et à la Lorraine en passant par la Franche-Comté, la Champagne et la Bourgogne. Parallèlement, les vents soufflent fort avec des rafales à 111 km/h enregistrées à Paray-le-Monial (71), et généralement comprises, dans le Centre et le Sud-Est de la France, entre 60 et 90 km/h.

Dans l´Aube, on relève en 24 heures 53mm à Celles-sur-Ource, 51mm à Soulaines et 48mm à Saint-Mards-en-Othe. En Haute-Marne, il est tombé 62 mm à Blécourt, 59 mm à Fayl-Billot et 56mm à Auberive. Plus de 120 mm ont été relevés sur les reliefs vosgiens localement, et de 50 à 90 mm généralisés. De nombreuses routes sont alors coupées à la circulation.

Le 3 octobre au soir, le niveau de vigilance rouge est déclenché, pour la première fois depuis sa création, par le service de surveillance des crues « Vigicrues » sur le bassin Meurthe amont/Vezouze/Mortagne. Les niveaux historiques de 1984 et 1947 sont d´ores et déjà dépassés. La Mortagne étant alors supérieure aux plus hautes eaux connues (pour mémoire 3.12 m à Gerbéviller en 1947 et 3.42m observés ce 03/10 à 18h).

Le 4 octobre, avec la propagation des crues vers l’aval, une crue de niveau cinquantennal sur la Moselle médiane (54) se déclenche ainsi que sur la Moselle aval au niveau de la confluence avec la Meurthe (54). La crue sur la Meurthe aval est d’une période de retour proche de 30 ans, et on observe aussi des crues importantes sur l´amont de la Meuse et de la Marne ainsi que sur la Sarre.

Par ailleurs, des vents violents (96 km/h mesurés à Bâle-Mulhouse) touchent aussi le Sud de l´Alsace avec des chutes d´arbres signalées dans tout le secteur.

En soirée, suite à ces très violentes rafales de vent, environ 15000 personnes sont sans électricité dans le Doubs. C´est également le cas pour environ 10000 foyers du Jura.

Dans la nuit du 3 au 4, les pluies ont tendance à faiblir et à s´évacuer vers l´Est : le plus gros de l´épisode pluvieux semble être passé sur le Nord-Est même si les précipitations persistent près du relief vosgien. Sur le front des inondations, on note une très légère décrue dans certains bassins versants amonts (Mortagne et Madon par exemple, mais les niveaux y restent exceptionnels), tandis que l´onde de crue se déplace vers l´aval durant la nuit.

Le 4 octobre au matin, les précipitations se calment. Cela se fait sentir sur le niveau des rivières dont le niveau commence à baisser, alors qu´en aval, une hausse est encore en cours sur la Meurthe du côté de Lunéville. La Vézouze amorce une tendance à la baisse sur l´ensemble du bassin.

Dans la journée du 4 octobre, les ondes de crue se propagent en aval des cours d´eau dans le Nord-Est. Le tronçon Moselle aval est passé en vigilance rouge (maximal) à 15h51 pour cette crue historique.

 

LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

Cet évènement exceptionnel concerne les bassins versants de la Meuse, Moselle et Sarre, et dans une moindre mesure celui du Rhône par le biais de la partie amont de la Saône.

Les précipitations importantes du 3 au 6 octobre 2006 sont arrivées après un mois d’août exceptionnellement pluvieux et un mois de septembre humide sur une partie sud-ouest de la

Lorraine. Début octobre, les sols sont particulièrement saturés surtout dans la partie vosgienne de la Lorraine. Le premier épisode de précipitations intenses des 17 et 18 septembre a également contribué à cette saturation des sols.

Cet évènement survient donc dans un contexte fortement pluvieux depuis le mois de septembre, bien que la répartition géographique et temporelle des précipitations ait été extrêmement contrastée. Un épisode orageux remarquable s’est produit le 17 septembre : les précipitations concernent alors le Nord-Est, excepté l´Ouest de la Lorraine. Elles s´avèrent être très importantes sur toute la partie Est du plateau lorrain, voire localement exceptionnelles : à Danne-et-Quatre-Vents (57), on relevait 84,4 mm en 24 heures le 17 septembre, ce qui est supérieur à la hauteur centennale. Le record de cumul en 24 heures pour un mois de septembre est battu à cette station lors de ce premier épisode.

Sur les hauteurs des Vosges et les plateaux lorrains, les cumuls sont compris entre 100 et 160 mm en ces premiers jours d’octobre, avec au final des valeurs proches de 200 mm entre fin septembre et début octobre. En moyenne, il est tombé en 3 jours presque l’équivalent d’un mois de précipitation, alors que la pluviométrie était déjà proche de 2 fois la normale en septembre. Ce contexte explique les crues qui se sont produites.

Les pluies remarquables des 2 et 3 octobre ont donc conduit à une réaction généralisée et marquée des cours d’eau descendant du massif vosgien et des plateaux lorrains.

Concernant le bassin de la Meuse amont, pour les départements de la Haute-Marne, des Vosges et de la Meuse (bassin de la haute-Meuse), l’onde de crue s’est propagée de façon significative de Goncourt à l’aval de Maxey. Les pointes de crue ont été enregistrées dans la journée du 4 octobre 2006.

Plus en amont, les stations de Goncourt sur la Meuse (département de la Haute-Marne) et de

Soulosse sur le Vair (Vosges) enregistrent également des pics de crue proches des plus hauts niveaux de référence. Sur le reste du bassin l’onde de crue s’est atténuée de façon importante.

Au cours de cet épisode, la Meurthe amont et ses affluents, Vezouze et Mortagne, ont particulièrement réagi. Les pointes de crue ont un temps de retour supérieur à 20 ans sur ces cours d’eau, et ont balayé le bassin entre la soirée du 3 octobre et celle du 4 octobre.

La Moselle amont (amont de Tonnoy) a modérément réagi. Les maxima ont été atteints dans la nuit du 3 au 4 octobre 2006.

Le Madon a fortement et rapidement réagi aux précipitations, principalement à l’amont du cours d’eau. Les débits de pointe ont été enregistrés le 3 octobre en début de soirée à Mirecourt et en début de matinée du 4 octobre à Pulligny.

La station de Mirecourt a enregistré les plus hautes eaux connues avec un temps de retour de la pointe de crue à Mirecourt supérieur à 50 ans.

La combinaison du Madon, qui a fortement réagi, et de la Moselle amont a entraîné des montées remarquables de la Moselle à l’aval de la confluence. Les débits de pointe ont été enregistrés les 3 et 4 octobre.

Les ondes de crue de la Meurthe et de la Moselle sont arrivées pratiquement simultanément à la confluence engendrant des crues à Custines. Puis, cette onde de crue s’est amortie à l’aval de Custines. L’onde de crue s’est déplacée de la confluence Meurthe-Moselle le 4 octobre en fin de soirée vers la frontière pour arriver à Uckange le 6 octobre à 1h40.

Les cours d’eau de la Seille, de l’Orne et des Nieds n’ont subi qu’une légère montée des eaux, puisque les précipitations n’ont pas été importantes dans cette partie du bassin versant.

La Sarre amont (représentée par la station de Sarrebourg) a également fortement réagi. Le temps de retour de la pointe de crue à Sarrebourg est supérieur à 20 ans.

Tout le bassin de la Sarre a connu des montées importantes, et la crue s’est amortie à l’aval de

Sarralbe avec des temps de retour supérieurs à 10 ans jusqu’à Wittring, et plus faibles en aval.

Le cours d’eau de l’Eichel a subi une rapide montée des eaux et la station de Diemeringen est passée en pré-alerte. Le temps de retour de la pointe de crue reste cependant inférieur à 10 ans en ce point.

Les cours d’eau de l’Albe et de la Blies n’ont subi qu’une légère montée des eaux.

Il s’agit donc d’une crue décennale sur l´amont de la Saône, alimentée par la tête de bassin située dans le Morvan, c´est-à-dire dans la partie sud de cet épisode pluvieux.

  • Crues débordantes majeures
  • Inondations des centres villes de Rambervillers (88), avec près de 80 cm d’eau
  • Le centre-ville de Sélestat (67) inondé ainsi que celui de Saint-Nicolas-de-Port (54)
  • Dégâts dus au vent
  • Des milliers de foyers privés d’électricité

Mattaincourt (88)

Blainville-sur-l'Eau (54)

Saint-Nicolas-de-Port (54)

Varangéville (54)

Lunéville (54)

Saint-Dié-des-Vosges (88)

Épinal (88)

Raon-l'Étape (88)

Mirecourt (88)

Rambervillers (88)

59 M€ (mise à jour le : 18/01/2016)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 380

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés