Inondations des Alpes-Maritimes en novembre 2000

Mise à jour le 21/05/2018


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Dans un contexte météorologique très perturbé depuis le début de l’automne, la Côte d’Azur connaît à nouveau des intempéries en première décade de novembre : deux perturbations pluvio-orageuses actives balayent la région le 5 et le 6. Cet épisode se caractérise par des précipitations à la fois importantes et intenses. De nombreux cours d ´eau secondaires débordent tandis que les fleuves côtiers atteignent les cotes d’alerte. Le vent (104 km/h à St Jean Cap Ferrat) ainsi que la houle (jusqu´ à 6 m) occasionnent de nombreux dégâts sur le bord de mer. 
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Dommages assurés hors automobile

Date de début
05/11/2000
Date de fin
07/11/2000

Cours d'eau ayant débordé
Le Var, la Vésubie, le Paillon

Pluviométrie maximale
37 mm en 1h
173 mm en 24 h


Départements concernés
Alpes-Maritimes (06), Corse-du-Sud (2A), Haute-Corse (2B), Var (83)

 

LE PHENOMENE METEOROLOGIQUE :

Depuis le mois de septembre, la Côte d’Azur subit le passage de fréquentes et violentes perturbations qui circulent d’ouest en est. Ces perturbations sont pilotées par une zone de basses pressions qui s’est creusée sur la Manche, entraînant la formation de forts flux de Sud à sud-ouest doux et humides d´origine méditerranéenne. En surface, ces perturbations sont très actives car bien alimentées en air méditerranéen en abordant le Sud-Est de la France. Les précipitations liées à ces perturbations sont exacerbées par l´effet orographique(1) propre à cette région. L’on pourrait assimiler ces intempéries à des « épisodes cévenols », mais dans ce cas, leurs successions ininterrompues s’apparentent plutôt à un régime perturbé de type océanique, d’où le caractère remarquable de cette série.

Dès la mi-septembre, les épisodes pluvieux se sont déclenchés dans le sud-est de la France. Puis, les pluies furent exceptionnelles du 10 au 16 octobre, déversant de 150 à 200 mm d’eau avec un maximum de 380 mm à Moulinet (06) - des valeurs supérieures à 100 mm en 24 heures sont alors relevées de façon généralisée sur le département des Alpes-Maritimes.

Par la suite, deux épisodes intenses se sont à nouveau produits sur ce département le 30 octobre puis les 5 et 6 novembre. Accompagnés d´une forte houle, ils ont causé des dégâts sur la côte.

Cette forte pluviosité de la fin de l’année 2000 s’inscrit parmi les plus importantes enregistrées sur la Côte d’Azur, en particulier pour le département des Alpes-Maritimes. A ce sujet, Météo-France indique qu’il est tombé à Nice 747 mm de pluie en 3 mois, de septembre à novembre, soit plus de 2,5 fois la normale saisonnière, battant le record déjà très élevé de l’automne 1959 (672 mm). Cette année-là, la rupture du barrage de Malpasset avait causé la mort de plus de 400 personnes à Fréjus.

L’épisode qui nous concerne ici déverse des pluies torrentielles surtout les 5 et 6 novembre, lors du passage d’un front froid actif progressant d’ouest en est, se réactivant au contact des eaux tièdes de la Méditerranée. D’ailleurs, d’autres départements du sud-est de la France subissent de fortes pluies, notamment en Corse-du-Sud et en Ardèche (avec 170 mm en 24 h à Entraigues, à coté de Privas, le 5 novembre). Du 5 au 7, il tombe 166 mm à Menton et 174 mm à l’Escarène - il s’agit des secteurs montagneux de la Haute-Corniche et des contreforts sud du Mercantour, autour de Sospel. Ce front froid pluvio-orageux actif s’accompagne d’une violente tempête qui balaye la moitié sud de la France, générant une très forte houle et d’importants dégâts sur le littoral de la Côte d’Azur (il s´agissait alors de la plus forte tempête depuis le 11 décembre 1957).

(1) Effet d´ascendance de l´air au contact du relief.

LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

Le contexte météorologique qui prévaut depuis le mois de septembre confère à cette fin d’année 2000 un caractère record depuis ces 50 dernières années. De septembre à décembre 2000, soit en 4 mois, les totaux pluviométriques y ont atteint plus de 1000 mm. La valeur maximale a été de 1403 mm à Caussols.

A Nice, avec 933 mm, le record déjà très élevé de 1959 (865 mm) a été battu.

La crue du Var, lors de cet épisode du 5 et 6 novembre 2000, est particulièrement catastrophique, dévastant sa rive gauche.

Le Var reçoit comme principal affluent la Vésubie puis s’étale vers la Baie des Anges, qu’il atteint entre St-Laurent du Var et l’aéroport de Nice. Le régime hydrologique de ce fleuve est donc brutal en raison d’un bassin versant escarpé. Etant donné la concentration des pluies sur cette zone, et compte-tenu de la saturation des sols la réaction du fleuve à ces nouvelles pluies torrentielles des 5 et 6 novembre est brutale. Cependant, ce n’est pas spécialement le Var en lui-même qui est à l’origine des dégâts les plus notables : ce sont surtout les éboulements et les coulées de boue issues des petites gorges débouchant sur sa rive gauche qui ont occasionné la quasi paralysie de la partie aval de son bassin versant. Ainsi, le ruissellement torrentiel a convergé depuis les reliefs surplombant cette vallée : à la Roquette-sur-Var, c’est l’effondrement d’une corniche qui est à l’origine de la coupure de la route du Clot de Due et de l’éboulement de plusieurs maisons - à Castagniers, c’est le vallon de la Beaumette qui était submergé par les eaux de ruissellement, avant de se jeter dans le Var, les buses, en partie obstruées par des embâcles, ne pouvant absorber le débit - à SaintMartin-du-Var, le vallon de St-Blaise à lui aussi causé l’inondation de tout un quartier pour les mêmes raisons - la route, surélevée par rapport au terrain, a formé un barrage et provoqué la montée des eaux du torrent en crue, inondant la commune de 2 mètres d’eau.

Parallèlement, le Paillon, qui s’écoule du Mercantour vers Nice, a connu une nouvelle crue spectaculaire, submergeant les routes de la vallée et notamment le secteur de St-André, au nord immédiat de Nice. Rappelons que Nice est justement traversée par ces deux fleuves côtiers: à l´ouest, le Var et à l´est, plus modeste dans ses proportions et son débit: le Paillon. Le Paillon n´avait pas connu de débordement remarquable depuis le 14 octobre 1979 - les crues du Paillon sont légendaires, tant par leur rapidité que par leur violence : « Le Paillon est un fleuve côtier typiquement méditerranéen, drainant un bassin versant de 250 km2 environ (28 km de long), très compact et fortement accidenté, ce qui peut expliquer ses crues très soudaines et violentes qui sont cependant rares, son étiage persistant étant sa caractéristique dominante » (Source : J. De Saint-Seine, "Monographie hydrologique et hydraulique du Paillon de Nice en vue de la gestion du risque inondation", thèse de doctorat I.N.P.G, 1995). Le Paillon a connu plusieurs crues consécutives. Entre octobre et décembre, le Paillon a connu plusieurs crues notables dont celle du 5 novembre est la plus dévastatrice, sans pour autant atteindre les niveaux historiques d’octobre 1940 (Source : Météo-France).

  • Glissements de terrains et coulées de boue
  • Dégâts dus aux vents et à la houle
  • Dégâts à la voirie
  • Inondations d’habitations, de commerces et de locaux industriels par ruissellement urbain ou débordement de cours d'eau
  • Pertes d’exploitation commerciales et agricoles

Roquefort-les-Pins (06)

La Turbie (06)

Vence (06)

Cap-d'Ail (06)

Cannes (06)

Nice (06)

Aspremont (06)

Menton (06)

Cagnes-sur-Mer (06)

Antibes (06)

36 M€ (mise à jour le : 18/01/2016)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 94

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés