Inondations de l'Aude de novembre 1999

Mise à jour le 21/05/2018


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Les pluies du 12 au 14 novembre 1999 dans l’Aude, le Tarn, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales ont provoqué des inondations catastrophiques. Cet épisode fait figure de référence historique de la deuxième moitié du XXe s de par l’importance des cumuls et l’étendue des surfaces touchées. La conjonction de ces crues et d’un vent marin, freinant l’écoulement des eaux fluviales à la mer, a aggravé la submersion des plaines de l’Aude entre Narbonne et Sète. Le bilan est lourd avec 31 victimes et toute une infrastructure à
reconstruire.
330 M€
Dommages assurés hors automobile

Date de début
12/11/1999
Date de fin
15/11/1999

Cours d'eau ayant débordé
l’Aude, l’Orbieu, l’Argent Double, l’Orbiel, la Clamoux, l’Ognon, la Cesse, le Verdouble, le Têt, l’Agly, le Tech, l’Orb, le Thoré, l’Agout, la Rance

Pluviométrie maximale
107 mm en 1h
551 mm en 24 h


Départements concernés
Aude (11), Aveyron (12), Hérault (34), Pyrénées-Orientales (66), Tarn (81)

 

LE PHENOMENE METEOROLOGIQUE :

Une vaste dépression s’est formée dans la journée du vendredi 12 novembre sur l’Espagne et les Baléares. Elle génère un fort courant de secteur est à sud-est (vent moyen à 100 km/h) doux et très humide en raison d’une mer Méditerranée encore chaude. Cet air très rapide, humide et instable se maintient pendant 36 à 48 heures et entre en conflit direct avec de l’air plus froid issu d’un anticyclone s’étendant des îles Britanniques à la Grèce. La rencontre de ces deux masses d’air engendre la formation d’un front chaud extrêmement actif sur les départements bordant le Golfe du Lion. Bloqué dans son évacuation vers le nord par les hautes pressions britanniques, ce front va provoquer des précipitations continues et orageuses, parfois très violentes, en particulier sur le Tarn, l’Aude, les Pyrénées-Orientales et l’Hérault. Ainsi, les pluies diluviennes, poussées par les vents d’est, s’abattent sans relâche sur un arc de cercle formé au nord-ouest par les Monts de l’Espinouse et la Montagne Noire (limite de partage des eaux entre le versant atlantique où s’écoule le Thoré vers le Tarn et le versant méditerranéen où s’écoulent l’Aude et ses affluents) et au sud-ouest par le seuil du Lauragais, les Corbières et les Monts Albères au sud de Perpignan. Ces zones de relief reçoivent en deux jours des cumuls exceptionnels, généralement compris entre 300 et 500 mm. Le maximum des précipitations (plus de 400 mm) a été observé des Fenouillèdes (Pyrénées-Orientales) jusqu´au Minervois (Aude) et au Tarn. Notons que le département de l’Hérault subit, dans la soirée du 14, quelques forts orages dont certains étaient accompagnés de grêle.
Lors de cet événement, les précipitations sont caractérisées à la fois par leur forte intensité et leur cumul. Partout les durées de retour dépassent les 25 ans, lorsqu’elles ne sont pas historiques - elles sont supérieures à 100 ans pour les départements de la région Languedoc-Roussillon.
Cet épisode a aussi été accompagné d´une violente tempête d´est soufflant du large de la Côte d´Azur au littoral du golfe du Lion. Les sémaphores de Leucate (Aude) et du cap Béar (Pyrénées-Orientales) ont enregistré, les 12 et 13 novembre, des vents moyens supérieurs à 100 km/h, avec des rafales atteignant 140 km/h à Port-la-Nouvelle. La surcote de la mer était alors supérieure à 1 m, à laquelle il faut ajouter la hauteur des fortes vagues qui atteignaient 5 à 6 mètres - la conjonction de la pénétration de la mer en plaine audoise et dans les étangs littoraux et de l’arrivée de l’onde de crue explique en partie la submersion de toute la région comprise entre Narbonne, Sète et Béziers. Cette forte houle près du littoral a constitué un phénomène aggravant, perturbant l´écoulement des eaux pluviales vers la mer et causant l´échouage de plusieurs gros navires. Rappelons que ces pluies diluviennes ne sont pas isolées dans le temps au cours de l’automne-hiver 1999-2000 : les fortes intempéries du midiméditerranéen ont débuté en octobre et la saison hivernale est caractérisée par un temps sévère amené par de puissantes  perturbations, dont les conséquences sont dramatiquement illustrées par de nombreuses inondations et par les « tempêtes du siècle » qui s’ensuivront en décembre.

LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :
Cet évènement hydrologique est exceptionnel par son ampleur et son intensité, et catastrophique par ses dégâts humains et matériels. Le régime hydrologique du midi méditerranéen, qui se caractérise par des alternances de sécheresses et de crues, génère plusieurs fois par siècle ce type d’événement. Les bassins versants touchés par les pluies intenses des 12 et 13 novembre ont réagi de façon extrêmement brutale. Les intensités de pluie, qui ont souvent atteint les 100 mm/h, ont largement dépassé les capacités d’infiltration des sols. Localement, des ruissellements ont donné lieu à de véritables cours d’eau temporaires, avec des débits spécifiques pouvant atteindre 20 à 30 m3/s. De la Montagne Noire (Tarn) aux Corbières (Aude), les relevés sur les rivières ont mis en évidence des montées des eaux d’une rapidité exceptionnelle, et pratiquement concomitantes : sur l’Argent Double à la Redorte, montée de 3,50 m entre 19h et 21h30 - sur l’Orbieu, à Luc-sur-Orbieu, montée de 4,70 m entre 19 h et 23h. Ainsi, dans la première partie de la nuit du 12 au 13 novembre, tous les cours d’eau d’un bassin versant de 3000 à 4000 km2 ont vu leurs eaux monter de 5 à 10 m, sous l’effet conjugué de séquences pluvieuses rapprochées et intenses, les ruissellements distants d’amont venant très souvent se conjuguer avec les ruissellements d’aval.

Le plus grand fleuve côtier de la région, l’Aude, avec ses 5200 km2 de bassin versant, a réagi aux précipitations sans effet de retard ni de montée des eaux beaucoup plus lente que sur les petits cours d’eau - ce qui a rendu difficile l’organisation de l’alerte et des secours. Les crues habituelles de l’Aude, provoquées par des précipitations plus généralisées mais moins intenses, se caractérisent par une montée d’eau sur une vingtaine d’heures - or la crue actuelle sur l’Aude aval est montée de 6 mètres en moins de 8 heures. En cause, les apports d’eau simultanés des bassins versants amont latéraux au lit de l’Aude qui se sont succédé avec très peu de décalage, et dont l’épicentre du phénomène pluvieux a correspondu avec le coeur de la zone : le Lézignanais, qui a reçu plus de 500 mm de précipitations. La basse plaine, dont la vulnérabilité du bâti est importante, a été très rapidement envahie par les eaux avec des facteurs d’aggravation dus à de nombreuses ruptures de digues.
Outre le fait que les crues soient généralisées à l’ensemble du réseau hydrographique des régions touchées, on note que les débordements sont accentués par la surcote qui a entravé l’écoulement des fleuves à proximité des embouchures (Aude, Hérault). En fonction de la topographie, ces phénomènes donnent lieu à des inondations de plaine (Aude, Pyrénées Orientales, Basse vallée du Tarn) ou à des inondations torrentielles (Tarn, Hérault). On observe que l´élévation du niveau des cours d’eau s´est fait très rapidement. De plus, le phénomène pluvieux s´est déplacé de telle sorte que les crues de L´Orbieu et de l´Aude sont arrivées au même moment à la confluence, entrainant un aggravement du phénomène à l´aval, d´où les très fortes inondations subies par Narbonne.
De plus, de hautes vagues en Méditerranée ont ralenti l´écoulement de l´Aude dans la mer, accentuant ainsi la montée du niveau de l´eau. Selon Météo-France, in « Pluies extrêmes », « on estime à environ 18000 km2 (soit une bande d´environ 50 km*350 km) la surface ayant reçu plus de 100 litres d´eau par m2 au cours de l´épisode, ce qui correspond à 3,8 milliards de m3 d´eau précipités. »

  • 30 morts
  • évacuation de centaines de personnes
  • 35 000 sinistres
  • Inondations d’habitations (60% des coûts), de locaux industriels et de commerces (40% des coûts)
  • 16 000 abonnés sans téléphone
  • 20 000 foyers privés d’électricité
  • Glissements de terrains, affaissements, érosion massive des berges
  • Pertes d’exploitation commerciales et agricoles (vignoble)
  • Endommagements et destructions d’habitations par coulées de boue
  • Voirie et ouvrages d’art (38 ponts) détruits ou endommagés
  • Dégâts dus au vent et aux chocs mécaniques de la mer
  • Pertes d’exploitation agricoles et commerciales

Canet (11)

Lézignan-Corbières (11)

Olonzac (34)

Mazamet (81)

Sallèles-d'Aude (11)

Trèbes (11)

Cuxac-d'Aude (11)

Narbonne (11)

Saint-Cyprien (66)

Labastide-Rouairoux (81)

330 M€ (mise à jour le : 18/01/2016)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 443

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés