Orage de Marseille en septembre 2000

Mise à jour le 21/05/2018


Image événement
Le 19 septembre 2000, un épisode orageux de grande ampleur frappe le sud-est de la France. Ces orages concernent tout d’abord le Languedoc-Roussillon, occasionnant d’importants dégâts sur Montpellier, avant de se décaler en soirée vers la Provence, générant des pluies diluviennes sur Marseille. Ainsi, un orage de type tropical s’abat sur les Bouches-du-Rhône. A Marseille, cet événement se traduit par des pluies intenses qui provoquent un ruissellement urbain torrentiel ainsi qu’une crue éclair de l’Huveaune. De tels niveaux pluviométriques sont historiques, il faut remonter à 1892 pour trouver un événement d’intensité supérieure.
57 M€
Dommages assurés hors automobile

Date de début
19/09/2000
Date de fin
20/09/2000

Cours d'eau ayant débordé
L'Huveaune

Pluviométrie maximale
68 mm en 1h
197 mm en 24 h


Départements concernés
Alpes-de-Haute-Provence (04), Bouches-du-Rhône (13), Hautes-Alpes (05), Vaucluse (84)

 

LE PHENOMENE METEOROLOGIQUE :

La situation météorologique globale est caractéristique de cette période de fin d’été sur la France, avec un vaste système dépressionnaire situé sur le proche Atlantique. En haute altitude, cette dépression s’accompagne d’une « goutte froide », détachée des latitudes polaires. En surface, l’approche de la dépression s’accompagne d’un vent du sud, amenant de l’air chaud et humide, très énergétique. Cette combinaison de masses d’air est explosive, générant un épisode qui a notamment concerné en journée l’arc cévenol et en soirée la région marseillaise. Cet orage figure parmi les épisodes historiques sur cette ville.

L’arrivée de ce front froid se fait par l’ouest, c´est-à-dire du coté languedocien, ce qui explique pourquoi les premiers orages de cet épisode se déclenchent dès le 19 septembre en matinée sur l’agglomération de Montpellier. L’orage, violent, s’accompagne en outre d’un phénomène rare, la formation d’une tornade venue de la mer et qui traverse une partie de l’est de l’agglomération. On recense 3 victimes et les dégâts sont localement énormes.

En cours de journée, le front froid se décale vers la Provence. Bien alimenté en air chaud et humide remontant de la mer, il génère de puissantes cellules orageuses qui se dirigent vers les Bouches-du-Rhône. Météo-France indique que sur Marseille, cet orage s’est déroulé en deux vagues de violentes précipitations très rapprochées : la première a débuté vers 17 h 10 et s’est poursuivie jusqu’à 19 h. Durant cet épisode il est tombé près de 95 mm. La deuxième vague a débuté vers 20 h 00 et s’est poursuivie jusqu’à 21 h 15 et a donné 87 mm supplémentaires.

Par la suite des averses orageuses se sont produites vers 22 h 30 et vers 01 h 30. L’animation des images radar du 19 septembre permet de retracer la chronologie de l’évènement : le temps tourne à l’orage sur Marseille à partir de 15 h, mais c’est peu avant 18h, à l’heure de pointe de la circulation urbaine, que l’intensité maximale se déclenche. Cet orage s´avère d´une violence inouïe et dure près de 4h. Qualifié de type "système convectif de méso-échelle à régénération arrière", on l’appelle aussi "orage en V", en raison de la forme que le panache de pluie revêt sur les radars. Les cellules orageuses prennent naissance vers les Iles du Frioul et se réactivent sans cesse à cet endroit en remontant ensuite sur la ville. Les dégâts sont alors très importants et on déplore trois victimes par noyade. Des grêlons de 5 cm de diamètres s’abattent ponctuellement sur le nord de la ville. Les précipitations tombées au cours de cet orage avoisinent voire dépassent sur certains quartiers les 200 mm. Les communes au voisinage de la ville ont reçu une lame d´eau bien moindre. Seul les communes au Nord de la ville ont étés plus ou moins touchées.

Les pluies torrentielles persistent jusqu’à 21h, avec des intensités pluviométriques horaires dépassant parfois les 88 mm. L’épicentre de cet orage était axé Marseille – Mimet (où il est tombé 175 mm de pluie) via le massif de l’Etoile. La concentration de ces pluies intenses sur cette étroite zone escarpée n’est pas étrangère au ruissellement torrentiel qui s’est déclenché sur le bassin de l’Huveaune.

LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

La concentration de pluies intenses en milieu escarpé et fortement urbanisé est en partie responsable des inondations meurtrières qui s’en sont ensuivies. La région marseillaise subit depuis toujours des orages dévastateurs (1er octobre 1892, inondation majeure de 1978 ou encore du 22 septembre 1993) avec une zone à risque particulièrement vulnérable : le bassin de l’Huveaune. L’Huveaune est un petit fleuve côtier de 48 km qui prend sa source en versant nord de la Sainte Baume. Les crues surviennent lors de fortes pluies sur le massif de la Sainte Baume et le massif de l ´Étoile, et aussi plus rarement lors de la fonte des neiges sur la Sainte-Baume. Son régime hydrologique est pluvial, présentant un débit très variable : son étiage peut descendre à 0.1m3/s alors que ses pics de crue peuvent atteindre 330 m3/s à Marseille.

La vallée de l’Huveaune constitue une zone encore assez rurale en amont d’Aubagne, puis forme ensuite un bassin urbain s’étendant d’Aubagne, à l’est, jusqu’au centre-ville de Marseille, ce qui explique pourquoi le Vieux-Port a débordé lors de cet orage, non pas en raison de l’élévation particulière de la mer, comme cela peut se produire par fort vent du sud-ouest (phénomène dit de « surcote »), mais à cause de l’arrivée de l’onde de crue et du refoulement du réseau d’évacuation des eaux pluviales. L’Huveaune draine tous les vallons secs et escarpés descendant des hauteurs du massif de l’Etoile et de la montagne de la Sainte Baume. D’autres torrents débouchent également en pleine agglomération, tels que le ruisseau du Jarret et des Aygalades. Selon le rapport des Risques Majeurs Aix-Marseille, « Le risque d’inondation sur la commune de Marseille correspond aux crues torrentielles de la plupart des ruisseaux communaux, en particulier, l’Huveaune, le Jarret et le ruisseau des Aygalades, et au ruissellement urbain dû à l’imperméabilisation des sols de la commune. Le centre-ville est le principal secteur concerné. L’inondation majeure de l’Huveaune de 1978 et l’orage torrentiel du 19 septembre 2000 inondant une partie de la ville a montré la vulnérabilité d’un site urbain tel que Marseille ».

Outre la crue de l’Huveaune, l’inondation de Marseille est un exemple frappant de ruissellement et d’inondation brutale en milieu urbain. La pluie diluvienne a rapidement noyé le cœur de Marseille. Le réseau collecteur saturé a conduit à la submersion des rues, et l’on relevait jusqu’à 1 mètre d’eau sur le quartier du Vieux-Port ainsi que sur l’Avenue Roger Salengro - de même, à la Timone, la montée des eaux a été telle que des voitures ont été emportées et submergées. Les autoroutes et toutes les voies d’accès au centre ont été bloquées. Les bouches du métro ont été fermées en urgence alors que l’eau commençait à s’y engouffrer. En bref, une paralysie de la ville au moment du pic de circulation, qui ne s’est résorbée que le lendemain matin, après une nuit de cauchemar pour la cité phocéenne.

Si la capacité de rétention des eaux en cas d’inondation est encore loin du compte, le recalibrage des principaux cours d’eau et de leurs affluents a été engagé. Le recalibrage de l’Huveaune et du Jarret font également partie des mesures préventives contre de telles fortes pluies.

  • 6 morts dans le midi, 3 morts dont 2 par accident de voiture provoqué par le mauvais temps à Marseille
  • 15 communes déclarées en état de catastrophe naturelle
  • Caves inondées
  • Coupures de courant
  • Circulation bloquée
  • Trafic du métro interrompu
  • Inondations d’habitations, de commerces
  • Dégâts aux biens publics

Lagnes (84)

Plan-de-Cuques (13)

Cadolive (13)

Marseille (13)

Gardanne (13)

Fuveau (13)

Allauch (13)

Cavaillon (84)

Peynier (13)

Mimet (13)

57 M€ (mise à jour le : 18/01/2016)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 17

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés