Inondations de la Somme en 2001

Mise à jour le 21/05/2018


Image événement
De l’automne 2000 au printemps 2001, tout le nord-ouest de la France et surtout les régions Nord-Pas de Calais et Picardie sont concernées par une situation pluviométrique remarquable. Les quantités de pluie tombées entre octobre et avril ont été les plus importantes jamais enregistrées depuis le début des relevés météorologiques. L´accumulation des pluies pendant cette longue période a entraîné une hausse exceptionnelle du niveau des nappes et leur saturation. La« vidange » naturelle très lente s’effectue alors dans le fond des vallées, entrainant des inondations d’une ampleur localement historique. La vallée de la Somme et notamment Abbeville restent sous les eaux pendant près d´un mois et demi.
110 M€
Dommages assurés hors automobile

Date de début
01/09/2000
Date de fin
30/08/2002

Cours d'eau ayant débordé
La Somme, l’Eure, l’Iton, l’Orne, l’Oise, l’Aisne, la Seine, essentiellement des remontées de nappes phréatiques dans les vallées entaillant les plateaux crayeux de Haute-Normandie, de l’ouest de l’Ile-de-France et de Picardie

Départements concernés
Aisne (02), Aube (10), Calvados (14), Essonne (91), Eure (27), Eure-et-Loir (28) ...

 

LE PHENOMENE METEOROLOGIQUE :

Le contexte météorologique remarquable par sa durée et par les cumuls pluviométriques exceptionnels constituent bien souvent des records depuis le début des relevés sur ces régions. Entre octobre 2000 et mars 2001 : au niveau régional, il est tombé pratiquement la valeur d´une année de précipitations au cours de ces 6 mois. En mars, dans la Somme, département particulièrement éprouvé par les inondations, il a plu trois fois plus que la normale. En outre, cette période sait suite à un été 2000 déjà particulièrement pluvieux.
A Abbeville, 169 mm sont tombés en 1 mois, alors que la moyenne est de 55 mm. Les 8 premiers jours d´avril ont enregistré plus de pluie que la normale du mois entier. 
Le contexte météorologique est caractéristique d’un hiver doux et très perturbé, marqué par le défilé ininterrompu des fronts pluvieux provenant de l’Atlantique, circulant vers la Scandinavie, et balayant alors la moitié nord de la France dans un flux océanique doux et humide de secteur sud-ouest dominant. Les températures et les précipitations restent supérieures aux moyennes de 1999 à 2001. 
Cette configuration, qualifiée de « zonale » par les météorologues, perdure d’ailleurs depuis l’année 2000, avec un été maussade, de fréquentes pluies et des orages, dans un contexte très doux.
Des mois de pluies quasi ininterrompues ont saturé les nappes phréatiques, provoquant une résurgence massive des eaux du sous-sol.


LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

Les crues de l’hiver et du printemps 2001 survenues principalement en Picardie et sur bassin parisien sont une conséquence de plusieurs mois de précipitations exceptionnelles. Mais, l’événement en lui-même est plutôt d’ordre hydrologique. Cet événement est lourd de conséquence mais riche en enseignement, ayant mis en évidence un phénomène peu connu en France : les crues de nappes. 

A partir de mars 2001, un phénomène peu connu se déclare dans le Nord-ouest de la France, et plus particulièrement dans le département de la Somme. Sous l’effet des précipitations 3,5 fois supérieures à la moyenne (le record depuis 1920) conjuguées à un phénomène de saturation des sols dû à un printemps pluvieux, la vallée de la Somme et d’autres bassins versants de la zone considérée se trouvent confrontés à la conjonction de 3 types de crues :
- une crue de la rivière Somme et de ses affluents. 
- une crue des étangs et marécages qui servaient jusqu’ici « d’éponge » et de déversoir. 
- une crue des nappes souterraines qui débordent sur la plaine particulièrement dans les zones crayeuses. A titre d´exemple, dans les Yvelines, leur niveau augmente de 3 mètres entre novembre 2000 et mars 2001 (période de retour estimée à 10 ans).
Les débits de la Somme à Abbeville atteignent des volumes jamais enregistrés : avec 80m3/s, ils dépassent d’environ 10 m3/s ceux de la crue de 1995. L’ampleur de l’inondation est maximale en aval d’Abbeville, endroit où commence le canal qui conduit le fleuve à la mer. Plusieurs quartiers de la ville et d’une soixantaine de communes voisines sont sous les eaux pendant de longues semaines - les inondations concernent aussi Amiens, où les « hortillonnages », zones d’exploitation maraîchère en bordure de la Somme, ont été submergés - la décrue s’est enfin produite dans le courant du mois de mai, plus ou moins rapidement selon les secteurs, laissant apparaitre des dégâts considérables chez les particuliers comme dans les entreprises.
Les crues de la Somme survenues en 2001 ont mis en évidence le rôle essentiel du sous-sol et des nappes souterraines dans le déclenchement des crues et inondations. Une crue est en effet la résultante de plusieurs composantes concernant à la fois les eaux de surface et les eaux souterraines : ruissellement des versants, apport de l’amont par la rivière, écoulement des nappes voisines de versants et des plateaux voisins, saturation de la nappe alluviale, porosité et états de surface des sols au moment des pluies, capacité relative de la rivière à évacuer cette eau...

Le contexte qui nous intéresse ici est celui d’une saturation des sols et des sous-sols, entrainant une remontée des niveaux piézométriques (c´est-à-dire : des nappes phréatiques) jusqu’à la surface, empêchant alors toute infiltration et toute absorption pendant des mois.
Le bassin de la Somme se constitue de craie, surmonté par des limons très perméables. Le relief y est peu prononcé. Le fonctionnement normal de ce bassin est caractérisé par un faible ruissellement, et la quasi-totalité de l´eau de pluie qui n´est pas reprise par l´évaporation s´infiltre dans le sol et le sous-sol.
En année normale, les précipitations d´automne, plus importantes que l´évaporation, contribuent à saturer le sol. La plus grande partie des eaux excédentaires s´infiltre alors dans le sous-sol avant d´alimenter la nappe, dont le niveau monte, alimentant le débit des sources, et donc des rivières. Lors d´un hiver très pluvieux, la recharge de la nappe de craie peut être particulièrement importante. Cette situation a été observée en 1988 puis en 1994. Lorsque plusieurs hivers successifs sont très pluvieux, les effets deviennent cumulatifs. La nappe monte, le débit des rivières augmente.
Ces inondations ne sont donc pas dues, comme cela se produit sur d´autres bassins, à des intensités de pluies exceptionnelles, ni même à la seule pluviométrie trois fois supérieure à la normale du mois de mars, mais à l´accumulation de pluies depuis le mois d´octobre.
Au début de l´automne, la nappe d´eau souterraine atteignait déjà un niveau élevé en raison des nombreuses intempéries survenues au cours des deux années précédentes.
Les fortes pluies subies par la Somme et la hausse du niveau piézométrique de la nappe ont entrainées une augmentation des débits des rivières pérennes ainsi que l´apparition de cours d’eau temporaires dans des vallons d’ordinaires secs.
Les crues de ce type ont une capacité d’évacuation très lente ce qui a pour conséquence d’aggraver les dégâts. La décrue est ralentie du fait de la saturation de tous les champs d’expansion de crues et de la conjonction des grandes marées qui a indiscutablement constitué un facteur aggravant : les débits restent élevés, quelles que soient l’intensité et l’importance des pluies tant que les nappes n’ont pas significativement baissé.
Des facteurs d’origine anthropique aggravent la crise. En l’absence de système d’annonce des crues, aucun élément précis n´est fourni aux communes et populations concernées lors de la longue montée de la crue. La lenteur du phénomène permet néanmoins de mettre les populations en sécurité et dans de bonnes conditions.
Il faut reconnaître que ce phénomène des crues de nappe est exceptionnel. Selon le BRGM, les inondations des affluents de l´Oise et de l´Aisne en 1995-1996 avaient des causes comparables mais la montée brutale de la nappe n´avait pas été aussi forte.

Le BRGM attire enfin notre attention sur des idées reçues à réviser : il ne semble pas que les inondations soient plus importantes aujourd’hui que lors des siècles passés - d’autre part, un réchauffement climatique ne serait pas obligatoirement synonyme d’augmentation du phénomène de crues : elles étaient plus nombreuses et plus importantes au 15 ème siècle lors du « Petit Age Glaciaire ». Le lien n’est donc pas évident entre crue et chaleur.

  • Dégâts aux particuliers : 2498 habitations inondées dont 400 ont subi de graves dommages (32 d’entre elles devront être détruites puis reconstruites entièrement). Les dégâts les plus importants se concentrent dans les communes d'Abbeville, de Fontaine-sur-Somme, Mareuil-Caubert, Amiens, Cagny et Camon. 700 habitations évacuées. 955 personnes évacuées.
  • Dégâts aux entreprises : Tous les secteurs ont été touchés, qu'il s'agisse de l'industrie, du commerce, de l'artisanat ou encore du tourisme. Environ 50 entreprises ont du interrompre partiellement ou totalement leur activité. Pertes indirectes dues aux interruptions des commandes et aux difficultés de livraison liées à la coupure des routes.
  • Impact important sur l’activité touristique : une trentaine d’établissements inondés, chute de 10 à 35 % de la fréquentation. Perte liée à l’image négative véhiculée par les médias.
  • Dégâts conséquents sur les exploitations agricoles. 900 personnes mobilisées pour faire face à la crise.

Évreux (27)

Tricot (60)

Épône (78)

Abbeville (80)

Amiens (80)

Fontaine-sur-Somme (80)

Long (80)

Mareuil-Caubert (80)

Rivery (80)

Saint-Prix (95)

110 M€ (mise à jour le : 06/01/2015)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 726

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés