Inondation du Gard de septembre 2002

Mise à jour le 19/02/2019


Image événement
Les 8 et 9 septembre, un épisode de pluies diluviennes frappe le Languedoc, gonflant les cours d´eau qui débordent rapidement, provoquant des inondations, des coulées de boue et des dégâts d´une ampleur exceptionnelle : La violence de l’événement doit être appréciée en considérant : - que ce type de crue n’est jamais prévisible à l’avance, les crues torrentielles ne laissant de fait qu’un délai de deux heures pour évacuer les personnes et les biens mobiliers qui peuvent l’être, - que l’événement s’est déroulé en pleine nuit, - que les maires ne disposaient pas de procédure particulière pour alerter les habitants. Cet événement a entraîné la mise en place d’un système d’annonce des crues et de gestion des crises, notamment pour diffuser des informations et des instructions aux personnes concernées.
600 M€
Dommages assurés hors automobile

Date de début
08/09/2002
Date de fin
10/09/2002

Cours d'eau ayant débordé
Gardon d’Anduze, Gardon d’Alès, Vidourle

Pluviométrie maximale
98.0 mm en 1h
394.0 mm en 24 h


Départements concernés
Ardèche (07), Bouches-du-Rhône (13), Drôme (26), Gard (30), Hérault (34), Lozère (48) ...

 

LE PHENOMENE METEOROLOGIQUE :

Dans la nuit du 8 au 9 septembre 2002, une dépression d’altitude évolue de l’Irlande à l’ouest de la France, tandis qu’un anticyclone est positionné sur la Scandinavie, maintenant un flux de sud-ouest perturbé dans lequel un front ondulant progresse lentement d´ouest en est du pays. Ce courant dépressionnaire froid d’altitude rencontre un courant chaud et humide venant de Méditerranée, ce qui provoque des orages d’autant plus puissants que la température de la Méditerranée est élevée en fin d’été. Le soulèvement de cet air méditerranéen est accentué par le relief des Cévennes et du sud des Alpes qui bloque en même temps les nuages sur place. D´autre part une dépression à 1000 hPa se creuse de la Bretagne à la Manche et s ´éloigne vers l'Angleterre en se comblant dans la journée du 9. Il faut attendre le déplacement vers l’Europe continentale de la dépression principale pour que la situation s’améliore.

De tels épisodes de pluies intenses ont généralement comme origine des situations de vents de sud provoquant des remontées d´air méditerranéen chaud et humide.

Historiquement, l´expression "épisode cévenol" se dit d´une situation météorologique caractérisée par des vents de sud chargés d´humidité, soufflant pendant une longue période vers les versants sud du Massif Central au voisinage desquels se déversent de grandes quantités d´eau. Ces précipitations sont le plus souvent d´intensité modérée mais compte tenu de leur durée, elles génèrent des cumuls importants sur les départements du Languedoc. Par extension, le terme « épisode cévenol » est employé pour désigner les situations à fortes précipitations dans le Sud-Est du pays, précipitations provoquées la plupart du temps par des orages violents, parfois localisés, sans qu´il y ait eu forcément influence directe du relief cévenol.

L’épisode du 8 au 10 septembre 2002 a principalement affecté le Gard, le Vaucluse, l´Hérault, la Lozère, et dans une moindre mesure les Bouchesdu-Rhône, l'Ardèche et la Drôme. Outre certains cumuls extrêmes observés pendant cet épisode, l´importance de la superficie touchée par les fortes précipitations est exceptionnelle, les 2/3 du département du Gard ayant été affectés par des cumuls de plus de 300 mm, avec un maximum de 687 mm à Anduze.

Du dimanche 8 au lundi 9, les orages d’une rare violence ont lieu sur le secteur, concourant à cette situation catastrophique. Les relevés des stations météorologiques sont éloquents, tandis que l’urgence se fait pressante pour les sinistrés et automobilistes pris au piège entre Alès et Nîmes : À 01h37 dans la nuit, Météo-France, pour la première fois depuis le lancement de la carte opérationnelle en 2001, place le département du Gard en niveau de vigilance rouge, au vu des observations (200 à 300 mm relevés) et des prévisions alarmantes (persistance des orages sur ce département pendant encore 10 heures environ). 

LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

C´est en automne que les pluies sont les plus fréquentes sur les bords de la Méditerranée, plus particulièrement de septembre à novembre. A cette période de l´année, des masses d´air froid en altitude commencent à descendre du pôle nord et survolent une mer encore chaude : le contraste peut provoquer des orages. On parle de pluie diluvienne sur un lieu donné à partir de 190 mm (ou litres par mètre carré) d´eau en 24 h. Sur cet épisode, on a relevé jusqu´à 687mm en 24 h à Anduze. A comparer avec la moyenne annuelle de 641.6 mm de précipitations sur Paris et 67mm de moyenne pour septembre à Nîmes. Cet épisode du Gard présente des similitudes avec celui de l´Aude en novembre 1999, où il était tombé 620.2mm de pluie en 24h à Lézignan-Corbières.

Durant cette nuit du 8 au 9 septembre, la pluie et les orages atteignent leur paroxysme : sur le flanc des montagnes cévenoles et de l´Aigoual. Plus de 5000 km2 (soit une surface proche de celle du département du Gard) ont recueilli des précipitations supérieures à 200 mm sur deux jours. Les zones qui reçoivent le plus de précipitation se situent en amont du bassin du Vidourle, sur la Gardonnenque et le bassin Alésien. Les villes de Nîmes, Sommières, Alès et Aramon (suite à une rupture de digue du Vidourle) ont été gravement touchées ainsi qu´Orange dans le Vaucluse et Lunel dans l´Hérault.

Des rivières au débit habituellement faible se transforment en torrents causant des crues meurtrières : les inondations ravinent les routes, emportent les ponts, les lignes de chemin de fer - les coulées de boue envahissent les maisons, les usines. Ce ruissellement torrentiel est responsable de la crue éclair du Vidourle, qui a dévasté Sommières.

A noter la remarquable disparité spatiale des précipitations:

- à 40 km de Saint-Christol-les-Alès (635 mm en 2 jours dont 543 le 8), Gallargues n’a enregistré que 60 mm sur l’épisode.

- à 40 km également, l’observatoire de l’Aigoual, sur la barrière des Cévennes à 1567 m, n’a recueilli que 119 mm. (Source : « pluiesextremes.meteo-fr. »).

L´épisode de septembre 2002 se rapproche plus de celui de septembre 1900 où il a été mesuré jusqu´à 950 mm pour la seule journée du 29, provoquant des dégâts de grande ampleur. Sur le Vaucluse, le maximum de précipitations tombées en 1 jour: 315 mm (Châteauneuf-du-Pape) le 8 septembre 2002 est la valeur la plus élevée mesurée sur ce département depuis le 22 septembre 1992, durant l’évènement de Vaison-la-Romaine.

  • Dégâts aux habitations et aux biens professionnels.
  • L’événement a été d’une violence extrême illustrée par la dévastation de nombreux villages (en particulier, Sommières et Aramon). Dans le cas d’Aramon, la situation a été aggravée par la rupture d’une digue engloutissant le village.

Aimargues (30)

Alès (30)

Aramon (30)

Montfrin (30)

Nîmes (30)

Saint-Christol-lès-Alès (30)

Sommières (30)

Lunel (34)

Marsillargues (34)

Orange (84)

600 M€ (mise à jour le : 18/01/2016)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 420

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés