Inondations du Rhône de décembre 2003

Mise à jour le 06/08/2018


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Dès le 1er décembre, les régions méditerranéennes, celles de la Loire et de l’Allier ainsi que le couloir rhodanien sont soumis à de fortes précipitations provoquant le débordement de nombreux cours d’eau mais aussi des situations de saturation des réseaux d’évacuation dans de nombreuses agglomérations du sud-est. 

Ces inondations de décembre 2003, après celles de 1993 et 1994, ont amené les pouvoirs publics à mettre en place une stratégie globale pour protéger les territoires des crues. Dans l’Aveyron, le Tarn et le Tarn-et-Garonne, de nombreux cours d’eau sont également sortis de leur lit.
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Date de début
01/12/2003
Date de fin
10/12/2003

Cours d'eau ayant débordé
Le Rhône et tous ses affluents issus du Massif-Central et des Préalpes, La Loire Amont (propagation importante sur la Loire bourguignonne et Moyenne) et ses affluents (notamment l’Allier)

Pluviométrie maximale
71.0 mm en 1h
214.0 mm en 24 h


Départements concernés
Allier (03), Alpes-de-Haute-Provence (04), Ardèche (07), Aude (11), Aveyron (12), Bouches-du-Rhône (13) ...

 

LE PHENOMENE METEOROLOGIQUE :

Début décembre 2003, le sud-est de la France a été touché par des crues importantes. Plusieurs épisodes pluvieux se sont succédés, sur les agglomérations de Marseille puis de Montpellier où les précipitations ont été particulièrement intenses. Des pluies moins intense mais couvrant de vastes territoires, ont concerné sur la vallée du Rhône et l’ensemble de ses bassins versants d’alimentation. Des Bouches-du-Rhône à l’Hérault, des crues exceptionnelles ont eu lieu en aval des fleuves méditerranéens, mettant en danger les secteurs endigués, et exposant les populations à un risque d’inondation.

Cet événement pluvieux de type méditerranéen est considéré comme exceptionnel par :

- Sa durée : il s’est manifesté par des pluies denses sur une durée de 3 jours.

- Son intensité : des cumuls pluviométriques élevés ont été observés sur toute la zone concernée.

- la saturation des sols en eau en raison des pluies très importantes enregistrées sur le Languedoc depuis le début de l’automne.

-Son extension géographique : si le bassin versant du Rhône est le plus impacté, les fortes pluies, tombées sur le Massif-Central, à la limite du partage des eaux, a entrainé une forte réaction de la Loire Amont et de ses affluents, dont la propagation de la crue a généré une vive inquiétude en aval - fort heureusement, la crue de la Loire s’est lentement amortie après sa partie bourguignonne.

- La force exceptionnelle du vent en mer et sur les côtes méditerranéennes (148 km/h à Port la Nouvelle), freinant l’écoulement des eaux fluviales à la mer et responsable en partie de la submersion de la Camargue.

On a affaire à de très fortes pluies à caractère orageux remontant massivement l’axe du couloir rhodanien, chaque jour entre le 30 novembre et le 3 décembre. En deux jours, du 1er au 3 décembre, les cumuls pluviométriques dépassent 100 mm sur un large tiers sud-est de la France, de la Méditerranée à l’Auvergne et à la Bourgogne (Saône-et-Loire…), concernant de nombreux grands bassins versants qui convergent essentiellement vers le Rhône, au sud, et vers la Loire, au Nord-ouest. Ces cumuls dépassent la barre des 200 mm généralisés sur le sud de l’Auvergne, Rhône-Alpes, Languedoc et en Provence, et plus de 300 mm pour l’Ardèche.

Le littoral n’est pas épargné avec un cumul de 256 mm à Marseille en deux jours, alors qu’il en était déjà tombé 200 mm le 30 novembre.

Dès le 30 novembre: les pluies concernent principalement le relief des Cévennes où on recueille de 50 à 75 mm, et près de 100 mm en Ardèche.

Le 1er décembre, les pluies se généralisent au quart sud-est de la France en s’intensifiant. 10 départements recueillent plus de 100 mm, dont 5 sur le bassin versant du Rhône. Sur l´Ardèche les 200 mm sont dépassés (valeur maximale 251 mm à Antraigues/Volane). On observe des noyaux supérieurs à 150 mm en vallée du Rhône au nord d’Avignon. En basse vallée du Rhône, on recueille une centaine de millimètres sur Arles et Tarascon. Ce même jour, Marseille est inondée.

Le 2: les pluies sont moins intenses que la veille, stationnent sur les mêmes zones, où les mesures donnent entre 40 et 50 mm, de 50 à 75 mm au nord du Vaucluse et du Gard. Les valeurs les plus importantes sont comprises entre 100 et 150 mm sur l´Ardèche et la Drôme.

Le 3, les pluies persistent avec moins d’intensité sur le Rhône, et concernent surtout l´Hérault, où Montpellier est à nouveau inondée.

Au paroxysme de l’épisode, 30 novembre et 1er décembre, 12 départements ont recueilli plus de 100 mm. 7 de ces départements se situent sur le bassin versant du Rhône, entre la Méditerranée et la Saône. Les valeurs maximales ont atteint 300 mm sur l’Ardèche.

De telles quantités sur une étendue spatiale aussi grande entraîne un volume d’eau précipité gigantesque (« Pluiesextrêmes », Météo-France).

Dans le même temps un vent d´est a soufflé très fort, avec des rafales de 100 à 150 km/h en soirée du 3 et nuit du 3 au 4, de la côte provençale jusqu´au golfe du Lion, Une houle puissante avec des vagues déferlant à plus de 9 mètres de hauteur sur le littoral du Languedoc, ont perturbé l´écoulement des eaux fluviales à la mer. On a relevé 144 km/h à l’Ile du Levant, 140 km/h à Leucate, 133 km/h au Cap Cépet, et 101 km/h à Marseille

Le réseau hydrographique s’est retrouvé saturé par ces cumuls pluviométriques, provoquant le débordement de nombreux cours d’eau. Dans de nombreux cas, les débits maxima observés se situent parmi les plus forts enregistrés depuis la mise en service de points de mesure pourtant anciens (30 ans et plus). Il s’agit parfois de records publiés : c’est le cas par exemple dans le département du Rhône sur le Rhins, le Giers ou le Doux.

 

LES CONSEQUENCES HYDROLOGIQUES :

Inondation du 2 au 5 décembre 2003 du bassin versant du Rhône:

Entre le 2 et le 5 décembre 2003, le Rhône en aval de Lyon a connu une crue exceptionnelle tandis que la plupart de ses principaux affluents méditerranéens subissait des crues moyennes à fortes. Cet événement a causé des dégâts très importants. De type méditerranéen, ces crues résultent d´un événement pluvieux très important en étendue et en quantité ayant affecté l´ensemble du bassin versant de Lyon à la mer. Cet épisode pluvieux majeur est à l’origine du débordement de nombreux cours d’eau, notamment le Rhône qui dans sa partie aval a connu une crue comparable à celle de 1856.

Le cumul des apports au Rhône a donc été très élevé, très brutal et relativement simultané, ce qui explique la rapide montée des eaux du Rhône à Valence et les débits exceptionnels du Rhône à partir de Viviers. Le Rhône a atteint une hauteur de 8.26 m à Avignon et un débit atteignant jusqu´à 13 000 m3 par seconde, ce qui correspond à son niveau centennal. Le niveau du fleuve monte à la hauteur des digues, provoquant des brèches. Il y a submersion rapide sous un à deux mètres d´eau de toute la région du delta. Le 3 décembre, plus de 15 millions de m3 d´eau se sont déversés sur le nord d´Arles. La crue du Rhône de décembre 2003 et l’inondation qui s’en suivit a été pour Arles, une catastrophe sans précédent. Le 4 décembre, le Rhône enregistre un débit de pointe de 11500 m3/s à Beaucaire (Source Diren Rhône-Alpes).

Des débits semblables sur le Rhône aval avaient précédemment été observés en septembre et novembre 2002.

Parallèlement, la réaction forte de l´Ardèche (maxi de 2 500m3/s à Vallon Pont d´Arc) a fortement contribué aux très hauts niveaux constatés à Avignon.

De plus, en fin d´événement, la vidange lente des champs d´expansion des crues ainsi que la réaction tardive de la Durance ont largement contribué aux débits exceptionnels constatés à Beaucaire. Dans l’Aveyron, le Tarn et le Tarn-et-Garonne, de nombreux cours d’eau sont également sortis de leur lit. Le Tarn à Montauban a atteint une cote équivalente à celle de la crue centennale de 1996 (9,40 m) provoquant l’évacuation d’un quartier entier de la ville. Le débordement de ces nombreux cours d’eau a été aggravé par le risque de rupture de digues ou la rupture de digues effective. A Arles, tout un quartier du nord de la ville situé dans une cuvette naturelle s’est retrouvé sous les eaux pendant plus d’une semaine. A Montpellier, où l’Hérault et le Lez ont atteint des niveaux exceptionnels, tout le quartier du Maurin a été inondé à la suite de la rupture de la digue de la Mosson.

 

Inondations du 1er au 10 décembre 2003 des bassins versants situés en amont de la Loire :

Plus au nord, des inondations se produisent aussi sur Saint-Etienne, la plaine de Valence, les monts du Lyonnais et du Charollais. Les dégâts les plus spectaculaires sont dus au Giers (42 et 69), rivière qui assure le couloir naturel de communication entre Lyon et Saint-Etienne: l´autoroute et le chemin de fer sont coupés par des glissements de terrain emportés par la rivière en crue.

Une crue concomitante s’est produite sur la Loire et ses affluents amont : entamée le 1er décembre, la crue de la Loire s’est poursuivie jusqu’au 10 décembre 2003. Les pluies intenses et durables (avec des cumuls de plus de 200 mm dans les parages des sources de la Loire, comme à Lanarce, en Ardèche), sur les hauts bassins de la Loire et de l’Allier, ont provoqué une crue importante de ces deux cours d’eau (fréquence proche de vingtennale sur la Loire), dépassant le niveau atteint en 1996 au barrage de Villerest (sur la Loire, à 10 km en amont de Roanne). Cet événement hydrométéorologique est le plus important depuis la construction du barrage mis en service en août 1982. Le maximum des débits est passé à Feurs (42) avec 2400 m3/seconde le 3 décembre (alors que le débit moyen annuel est de 64m3/s). Ensuite, l’effet d’écrêtement du barrage a permis de retirer plus de 1200 m3/s à la pointe attendue en Loire moyenne (soit 1m à 1m50 de moins à Gien par exemple) en retardant et en allongeant la pointe de crue de Loire à l’aval du barrage. Le maximum de la crue sur la Loire est passé à Nevers avec 2100 m3/s, suivi d’une période d’étale très longue.

L’Allier connaît une crue également très étalée dans le temps, parallèlement à la crue de Loire, ce qui a donné une crue supérieure à la décennale en Loire moyenne (au niveau d’Orléans). Sur l’Allier aval, l’amortissement naturel par propagation de la crue et les apports intermédiaires ont transformé les deux pointes de crue de l’amont en une pointe très étalée. Le maximum est passé à Moulins avec 1600 m3/s.

  • 7 victimes
  • Plus de 27 000 évacuations
  • Près de 280 axes routiers et une dizaine de lignes de chemins de fer d’importance nationale coupées
  • Plusieurs milliers d’habitations sinistrées sur une large zone allant du Tarn aux Alpes-Maritimes en remontant jusqu'à la Saône et Loire. Dans l’Aveyron, au lendemain de l’événement, on estimait à 3000 le nombre de sinistres de particuliers
  • A Arles, des digues ont cédé en plusieurs points, déversant près de 18 millions de mètres cube d’eau dans la ville, située dans une cuvette naturelle sous le niveau du Rhône. Plusieurs quartiers du Nord de la ville, dont la principale zone d’activités, se sont retrouvés durant près de 10 jours sous plusieurs mètres d’eau. Pour la seule ville d’Arles, les dégâts sont évalués entre 150 et 200 millions d’euros par la Chambre de Commerce. Environ un millier d’entreprises, dont 300 dans la zone industrielle ont été touchées (60% dans le secteur des services, 20% dans le commerce, 17% dans l’industrie, 3% dans le tourisme) et 25 000 salariés se sont trouvés au chômage technique

Arles (13)

Boulbon (13)

Marseille (13)

Tarascon (13)

Bellegarde (30)

Saint-Gilles (30)

Montpellier (34)

Avignon (84)

Bédarrides (84)

Caderousse (84)

690 M€ (mise à jour le : 06/08/2018)

Montant des dommages assurés au titre de la garantie légale « catastrophes naturelles » hors automobile

Coût par commune pour l'ensemble du marché

Nombre de communes reconnues Cat Nat : 1545

Communes reconnues en état de catastrophes naturelle

Arrêtés Cat Nat associés